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Pacific Crest Trail

Parce qu’à un moment ou un autre, il faudra bien vous expliquer le thème de ce blog…

Pour en donner une définition rapide : c’est un sentier américain de grande randonnée. Mais attention, quand je dis grande randonnée, je ne déconne pas : environ 4260 km. A pieds. De la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Soit 2660 miles, en fonction de l’itinéraire.

Alors, oui, j’entame une bataille : au U.S.A., on mesure les distances en miles, et pas en kilomètres. Donc sur ce blog, je vais parler principalement en miles, va falloir vous y faire. C’est facile à calculer quand même: 1 mile = 1,60934 km.

Non? Vous ne faites pas beaucoup d’efforts… Je simplifie: 3 miles valent environ 5 km. Donc si vous voulez convertir les distances annoncées, vous allez devoir vous rappeler de la règle du produit en croix… et comme je suis vraiment sympa, je vous aide : X miles * 5 / 3 = Y km.

Voilà.

J’en étais où, déjà, moi? Vous voyez, ça commence: 2-3 lignes et hop, une digression. Va falloir que je me concentre un peu, sinon on y est encore demain…

Donc je disais : le PCT. Après une première proposition en 1962, il est formellement créé en 1978 en collaboration avec l’US Forest Service. Il constitue, avec l‘Appalachian Trail et le Continental Divide Trail, une des 3 étapes de la Triple Crown. Un truc de fous furieux dont les américains sont fiers, mais que toute personne en pleine possession de ses facultés mentales devrait normalement se contenter d’ignorer.

Et oui, je vais aussi mettre pas mal d’anglicismes, pas la peine de me le faire remarquer. C’est mon blog, je cause comme je veux. Digression… concentration.

Au passage : puisque l’on aborde le CDT: ça, c’était le plan B. COVID oblige, l’année dernière, l’association qui gère le PCT a demandé aux randonneurs de reporter leur randonnée d’un an, pour limiter la circulation du virus. Évidement, cela a créé un afflux supplémentaire sur les demande permis pour cette année. Déjà que d’ordinaire, c’est pas forcément simple : à cause de la sur-fréquentation de certains parcs (qui a dit Yosémite??), une limite de 50 départs par jour a été élaborée, vérifiée par un permis à obtenir.

Et c’est souvent un peu la cohue pour réserver, la « période de départ idéale » (plutôt vers mi-avril, dépend des chutes de neiges de l’hiver précédent) est plutôt restreinte: si on part trop tôt, les cols de la Sierra sont encore infranchissables du fait de la neige; si on part trop tard, il fait très chaud dans le désert et les sources sont taries; et si on arrive tard en Washington, on risque de fortes chutes de neiges et la fermeture du sentier. C’est que le Canada n’est pas loin… La cohue est aussi augmentée par le fait que le permis PCT est gratuit, alors que les permis pour les parcs traversés, sans le permis PCT, sont payants…

J’ai finalement réussi, grâce à un désistement d’un autre randonneur, et une surveillance assidue du site d’inscription, à obtenir une place à une date compatible avec mon projet. Alors, certes, cette année, il risque d’y avoir du monde, surtout au départ, mais bon… ça va quand même valoir le déplacement.

L’idée général en est la suivante : cet itinéraire traverse 3 états américains : Californie, Oregon et Washington. Et non, pas Washington la ville, l’état. Pour la ville, on dit : Washington D.C. Suivez, un peu…

On le divise grossièrement en 5 zones géographiques :

  1. La Californie du sud, SoCAL. Des paysages de type maquis à désertique, il longe notamment la partie ouest du désert des Mojaves. Environ 1100 km.
  2. La Californie du… centre. Surtout appelée : la Sierra. Oui, comme dans les films sur la conquête de l’ouest : la fameuse Sierra Nevada. Pour les colons de cette époque, il fallait traverser d’est en ouest. Pour moi, ça sera du sud vers le nord. Haute montagne, vallées glaciaires, cols enneigés, avec une altitude maximale de 4 000 m. Oui, ça grimpe un peu. Environ 600 km.
  3. La … Californie du nord, NoCAL, bravo, y’en a quand même quelques uns qui suivent. Et oui, la Californie, c’est un état tout en longueur. Moyenne montagne, mais région plus boisée. Environ 1000km.
  4. L’Oregon. Région volcanique, boisée, parsemée de nombreux lacs. Altitude minimale: 42,6m. Oui, ça descend. Environ 750 km.
  5. Le Washington. Niveau climat, de réputation, c’est la Bretagne croisée avec la Normandie. Donc de la pluie. Ou de la neige si on arrive tard dans la saison. Un relief type alpin. Et oui, ça remonte. Environ 800 km.

Pour une carte plus précise : voir par ici.

Dénivelé total : environ 141 km. Soit 16 fois le sommet de l’Everest depuis le niveau de la mer.

En moyenne, les randonneurs arrivent à la fin de leur périple en 5 mois. Enfin, ceux qui arrivent au bout: inutile de préciser, je pense, que le taux d’abandon est assez élevé…

Encore quelques chiffres : le PCT traverse : 5 « National Monuments », 7 « National Parks », 24 « National Forests » et 33 « Wilderness Areas ».

Yosemite National Park, par Carol M. Highsmith.

Il est aussi possible de parcourir ce trail du nord vers le sud. Mais c’est réservé aux marcheurs très expérimentés: de grosses étapes dès le départ et un rythme plus soutenu tout le long sont demandés pour pouvoir terminer dans ce sens.