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Dangers sur le PCT

Quoi? Tu vas tout seul en pleine nature aux États Unis? Mais t’as pas peur de de te faire attaquer / bouffer / croquer / dévorer (rayez la mention inutile) par les ours???

Je ne sais pas combien de fois on m’a posé cette question. Et bien.. pas vraiment, en fait.

Le PCT présente quelques dangers, mais pas forcément ceux auquel vous pensez. Je vous donne ici quelques détails.

Le terrain. C’est ici qu’il y a le plus de dangers. Il va me falloir traverser des rivières qui, grâce à la fonte des neiges, peuvent devenir des torrents. Il va me falloir franchir des cols plus ou moins enneigés (Pour l’instant, c’est plutôt calme côté enneigement, après des records de neige en décembre. Année prévue légèrement en dessous de la moyenne. Pour le moment). Il va peut-être me falloir gérer mon itinéraire en fonction des incendies, courants durant l’été. Il va me falloir éviter les chutes d’arbres, fréquentes dans les zones déjà incendiées, les éboulis de pierres, les avalanches. Il va falloir faire attention où je mets les pieds, une mauvaise chute, avec le poids du sac à dos, peut précipiter la fin de ma randonnée. Et connaissant ma chance habituelle, il va falloir que je fasse attention à ce dernier point dès la descente de l’avion…

Les humains. Je vais en croiser, je vais tenter de faire du stop à certains endroits, trop éloignés de tout points de ravitaillement. Je range ici les mauvaises rencontres (très rares) et les accidents liés à la circulation, en faisant du stop (plus fréquents, statistiquement). Il est même carrément interdit de faire du stop sur certains axes.

Le climat. Je vais en effet longer une portion du Désert de Mojave, donc chaud et peu d’eau. Mais je vais aussi passer par de la montagne, où il peut faire très froid, surtout en altitude. Pour pallier à tout cela, cela, je vais planifier très attentivement mon itinéraire, pour repérer les points d’eau, et emporter de quoi purifier l’eau, résister au soleil, au froid et à l’humidité. Bref, ici, on peut réduire les risques si l’on a bien sélectionné son matériel.

La faune. Alors oui, il y a des ours. Mais non, les risques sont en principe limités de ce côté-ci. On peut croiser des ours noirs, qui ont naturellement peur des humains et en principe fuient quand ils en voient un. On peut aussi, si on est (pas) chanceux, croiser un des rares grizzlis, qui peut, s’il est vraiment de mauvais poil, être un peu plus vindicatif. Comment on les distingue ? Facile, l’ours noir est de couleur …noire ? Oui, ou gris, ou rougeâtre, ou carrément brun, même… Alors que le grizzli, lui, est brun. Ou rougeâtre, ou gris, ou carrément noir… 🙂
Plus sérieusement : la forme des oreilles, du nez, ou des épaules. Mais pour limiter les risques, quelques mesures s’imposent : ne pas garder de nourriture dans sa tente la nuit, la stocker dans une bear cannister, ou boite à ours, à quelque distance de la tente, ne pas dormir là ou l’on a mangé ou fait la cuisine, pour limiter les odeurs. Les ours ont un odorat TRÈS développé, et on tient à leur éviter toute forme de tentation, notamment pendant la nuit, quand on dort…
Et surtout : on évite de se trouver entre maman ourse et ses petits. Il y a la un vrai risque, maman ourse n’hésitant pas à attaquer même d’autres ours beaucoup plus gros qu’elle si elle pense ses petits en danger.

En faune, on peut aussi croiser des mountain lions, aussi appelés pumas ou cougars. Pareil, ça ne rassure pas, mais l’être humain adulte, surtout avec un gros sac à dos, est beaucoup trop imposant pour ressembler à une proie pour lui. Les observations de pumas sur le PCT sont très rares, mais pas impossibles.

En faune toujours : le crotale, ou serpent à sonnette. Comme la vipère en France, il n’aime pas trop qu’on lui marche dessus. Inconvénients : venin plus dangereux, et on le croise à priori fréquemment. Avantage : il prévient qu’il est là quand on s’approche trop près. Mais si, avec sa sonette. Ça veut dire « Attention, je suis là, ne t’approche pas » en fourchelangue, je crois… Je ne pense pas écouter de musique dans toute zone où l’on pourrait le croiser…

La flore. Ha, vous ne l’aviez pas vue venir, celle-là, hein? Oui, certaines plantes peuvent être dangereuses. Certaines plantes que l’on a pas l’habitude de croiser en France, et donc difficiles à reconnaître. C’est vrai, il ne vous viendrait pas à l’idée de traverser un champ d’orties en short. Vous les reconnaissez facilement. Mais un buisson de sumac vénéneux ou de poodle dog bush, on est nettement moins habitués à s’en méfier, nous autres français… Le second secrète une huile extrêmement urticante, qui peut très bien se coller sur un bâton de marche, par exemple, puis, par contact, sur un vêtement, puis sur la peau. Et elle peut carrément vous emmener à l’hôpital en cas de mauvaise réaction.

Bon, pour être tout à fait exact, j’avoue, il y a une chose qui va me faire vraiment flipper.

Et c’est… Roulement de tambour… les orages. Alors oui,habituellement, sur une petite randonnée, chez nous, on évite simplement de sortir les jours d’orage. Si on est surpris par un orage non prévu, on trouve un abri. On n’est jamais loin d’un abri, dans nos contrées. La bas… ça risque d’être un peu plus compliqué, et je risque fortement de croiser quelques orages. Et là… ouais, si je suis dessous, au milieu de nulle part, là, j’avoue, je risque de ne pas en mener très large.

8 commentaires sur “Dangers sur le PCT”

  1. J’adore ! (Même si moi, j’aurais choisi de ne pas le faire seul ! Mais je comprends que tu n’es pas voulu te rajouter un danger : celui de ta femme qui, au bout d’une semaine, t’aurais dit « ouais, c’est bien… mais perso, je préfère le tennis », ou celui de tes enfants qui, au bout d’une heure, t’auraient demandé « quand est-ce qu’on arrive ?! »)
    En tous cas, j’ai hâte de te suivre dans ce fabuleux périple !
    Bises

  2. Voilà c’est le jour J. Le départ vers la grande aventure ! Non sincèrement je n’arrive pas à t’envier, même en lisant ton blog… Je te trouve très courageux de partir seul. Oui je sais que tu aimes te retrouver face à toi… Cependant durant 5 mois, c’est long…! La préparation de ton projet est impressionnante et je te souhaite de le réaliser jusqu’au bout. Il me permettra en te suivant de rêver un peu et de découvrir de supers paysages. Bon voyage. Bisous

  3. Coucou Emilien !

    Tout plein de pensées pour toi et ce périple en face à face avec toi même et la nature !
    J’ai hâte d’avoir de tes nouvelles !
    Bises
    Julie

  4. Jean-Michel PICHON

    Bonsoir Emilien,

    Ce que j’aimerai être égoïstement à ta place ou bien dans ton paquetage (c’est moins fatiguant), que sais-je ?
    Dans tous les cas, tu t’apprêtes à vivre une expérience formidable et, je n’en doute, pas très enrichissante.
    Je te souhaite donc une très belle aventure, te suivrai avec attention et te donne rendez-vous pour un debriefing automnal.

    Jean-Michel

  5. Tu me manque déjà fait attention au 🐻 ou si tu veut tu peux m’en rapporté un 😜 (le 🐱 seras tranquille pendant ta promenade ) sinon bonne chance

    Salut papa

  6. Salut Emilien,
    C’est Odile qui m’a annoncé la nouvelle. Pour une surprise, ce fût une surprise!
    Un petit coucou du Lot qui après avoir jeté un oeil à ton blog ne me parait plus du tout WILD!
    Je te découvre aventurier… Tu m’épates! Je suis admirative – envieuse et rêveuse aussi – et je vais me régaler de te suivre dans ton adventure. Très sympa l’initiative du blog to keep in touch and to share your day to day experiences, encounters – human and non human- et tes états d’âme.
    Profite à fond de ce périple … Good luck and Take care
    Bises
    Danièle

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