De Lake Morena à Mount Laguna
J2 (du mile 20 au mile 32)
16 avril
Réveil un peut trop rapide à mon goût, à 6h. J’étais bien dans mon duvet, pas envie de me lever. Je traîne sous mon duvet. En même temps, la température est de 4°C dans la tente. Certains ont eu froid, mais pas moi. Et comme on dort à côté d’un lac, l’air est humide, il y a de la condensation partout, qui a gelé grâce au petit vent qui s’est levé.

Bryan et Martin décident d’aller directement à Mount Laguna. Au mile 42. Ça sera sans moi. Il faut dire, les 2 ont déjà fait des longues randonnées, et ils ont un rythme plus rapide que le mien. Mais s’ils continuent à ce rythme, je ne les croiserais peut être plus. Bye!

Pour ma part, je pense plus prendre mon temps. Je n’ai pas d’ampoules, et je pense avoir bien fait de m’étirer hier, les jambes ont l’air ok. Mais les pieds ne vont pas supporter longtemps des journées comme celle d’hier, il leur manque un peu d’entraînement. Ça me ferait arriver dimanche, mais le magasin sur place est à priori ouvert 7 jours sur 7.
Premier point d’eau au mile 24, second au mile 30, d’après les derniers rapports. Très bien, pas besoin de me charger de trop.
J’attend que la température monte un peu, histoire de dégeler ma tente. Petite frayeur: je perds le joint de mon filtre à eau, heureusement retrouvé. Ce filtre fonctionne avec une certaine pression, impossible sans son joint. Bah, sinon, je l’aurai commandé sur Amazon et livré rapidement à la prochaine ville.
La tente est toujours humide. Tant pis, je la ferais sécher plus tard, je pars.
Peu de temps après, je tombe sur un ranger de l’U.S. Forest Service. Il ne vérifie pas mon permis, il se contente de faire un sondage. Si je l’ai, si je pars à la bonne date, etc. Il me souhaite bonne route après m’avoir rappellé la règle du « Leave No Trace », déjà rabâchée chez Scout et Frodo et avant le départ. Ça se résume à « Ne prenez que des photos, ne laissez que vos empreintes de pas ». Mais il est vrai que jusqu’à présent, je n’ai pas vu un seul déchet traîner.
J’arrive au premier point d’eau vers 11h30. C’est un genre de camping prévu spécialement pour des cavaliers. Je mange pendant que ma tente sèche. Je profite du robinet pour prendre un peu d’eau, et je repars pour 6 miles jusqu’au point d’eau suivant.
La température monte, et le terrain aussi. J’ai chaud. Alors imaginez ma tête quand j’atteins le point d’eau.


J’avoue, je reste là un moment.
Patrick, un Allemand que je croise plusieurs fois depuis ce matin, m’indique qu’il y a un endroit où poser des tentes facilement à 2 miles. Mais il n’y a pas d’eau sur place, il faudra donc en emporter un peu plus. Les emplacements situés plus loin ont un espace plus limité, il seront peut être déjà pleins. Il faut dire, on est encore proche du départ, le groupe parti en même temps que moi n’a pas encore eu trop le temps de s’étirer. Il y a du monde le soir, même si je suis plutôt tranquille pendant la journée.
J3 (du mile 32 à Mount Laguna, mile 42)
17 avril

Le plan du jour, c’est de se lever tôt et partir assez vite, pour profiter de la température clémente du matin et avancer suffisamment pour passer les heures les plus chaudes de la journée à Mount Laguna, où je compte ravitailler. Et repartir ensuite.
Donc lever à 6h, départ à 7h15. C’est trop long, il va falloir que je m’améliore. Enfin, il paraît que je vais avoir un peu de temps pour ça…
Arrivé à un petit ruisseau, pour reprendre un peu d’eau, un hiker arrive après moi et dit avoir vu un puma, mais n’a pas pris de photo. Dommage.
J’ai l’impression que depuis le départ, je ne fais que monter. Après vérification, c’est normal : le terminal sud, point de départ du PCT, a une altitude de 860m, Mount Laguna 1820m.
Les miles avancent bien, mais la température fini immanquablement par monter elle aussi. Et monter en plein soleil… Ça épuise. J’ai calculé, je bois, depuis le départ, un peu plus de 5 litres d’eau par jour. Et à priori, ce n’est pas assez.
Je continue de monter, la végétation change d’aspect.

J’ai chaud, je fais des pauses à l’ombre. Sauf que quand je fais une pause, la température, elle, continue de monter. Il faut donc avancer. J’arrive en nage au sommet de Mount Laguna, vers 13h. Et là, petit point de vocabulaire.
Un trail magic, c’est quand des gens décident d’aider les randonneurs. Le trail magic est dispensé par les trail angels.
Ça vous paraît abstrait, j’imagine, alors voici des exemples de trail magic: une glacière avec des boissons, laissée au bord du chemin. Une voiture qui vous repère, s’arrête, et son conducteur vous laisse des fruits ou une boisson avant de repartir.
Ça vous paraît bizarre ? En fait, pour en avoir discuté, parcourir de grandes distances à pieds, c’est culturellement important, aux Etats Unis, et c’est donc quelque chose qu’il faut encourager.
Et là… Ils ont fait les choses en grand. Imaginez : vous venez de grimper plusieurs kilomètres, en plein cagnard, vous arrivez enfin, complètement cuit, et on vous dit: tiens, installe toi à l’ombre, on a mis des chaises. Sers toi, dans les deux glacières, il y a de la glace, des sodas bien frais et des bières. On a des fruits frais, des gâteaux, et plein de trucs à grignoter. Si tu as un problème de matériel, on peut sûrement t’aider à réparer, on a apporté des outils. Ou on peut te déposer au magasin de sport du coin. Si ton sac est trop lourd, on a des gens expérimentés, on peut essayer de te conseiller, de regarder ce dont tu pourrais te passer, pour t’alléger.
Et tout ça, c’est offert de bon coeur.



Alors pour vous, je ne sais pas, mais pour moi, à ce moment là, le terme angels ne me semble pas du tout exagéré. Inutile de préciser, je pense, que je passe là un excellent moment.
Après ça, je me dirige vers le restaurant local, bien noté. En même temps, il est tenu par des Français… 😁

Sur le trajet, je profite d’avoir récupéré du réseau pour appeler la famille, il est un peu tard, mais je parviens à les joindre. Je mange ensuite en compagnie de deux Suisses, déjà croisés le premier jour, puis je file au magasin local, et prend mon ravitaillement. Et j’attends, en compagnie de Timothy, un autre randonneur de Seattle. Lui aussi est parti en avion et rentre à pieds.

16h30, la température à bien diminué. J’ai repéré sur ma carte un endroit pas trop mal, à 4 miles. Je repars. Suite au prochain épisode.
Bonjour,
Bon courage pour cette nouvelle journée, merci de nous régaler avec tes commentaires, si ça continue à la fin de ton périple tu pourras rejoindre le groupe ZZ TOP et au pire si tu as froid, ta barbe te servira de couverture. LOL
Enjoy
Christel
Coucou Tonton , marche bien, fait attention à tes pieds pour ne pas avoir d’ampoules car ça fait mal !
Bon courage , à bientôt
Hi
Super de te lire et de voir que tout va bien.
Avec photos et la musique qui vont bien, top !!
Ici le week end pascal se termine et il a fait super beau.
Boulot demain… Un concept encire loinrain pour toi et c’est tant mieux.
Au plaisir de te suivre
Biz
Christina
Ah oui ça rigole pas les trails angel, c’est génial ! C’est vrai qu’aux US on a aussi une notion de charité plus ancrée sur certains points, ça peut jouer aussi ? En tous cas ça fait plaisir à lire, tout le folklore qui entoure le trail est passionnant, comme celui des nickname, j’ai tellement hâte d’arriver au moment ou tu obtiendra le tiens !