De Hiker Town à Tehachapi
J36 suite (du mile 517 au mile 529)
20 mai
D’abord, la douche. Puis la lessive. Il faut dire, ma chemise est proche de tenir debout toute seule. Il doit être temps que je m’en occupe.
Toutes les heures, la boutique du coin envoie une navette chercher d’éventuels hikers, prêts à dépenser leur argent pour se ravitailler et manger. On n’échappe pas à la règle. C’est vraiment une petite boutique, il n’y a pas tout ce qu’on voudrait, mais pour deux jours ça suffira. On commande des burgers. On voit dans le menu un « PCT burger ». Pourquoi il s’appelle PCT? Parce qu’il est gros, et les hikers n’est commandent pas un second. Ok, très bien alors, va pour le PCT burger.
De retour à Hiker Town, on trouve quelques accessoires d’une précédente fête sur l’aqueduc: tubes fluo et tubes de peinture sensée briller dans le noir… Ni une ni deux, on est cinq à avoir prévu de marcher de nuit ce soir, on va se faire notre propre fête.
Avec nous se trouvent Disco, Grandpa et Simon. Grandpa s’est lancé dans le défi du moment: arriver à Tehachapi en 24 heures. Disco va essayer de le suivre, pour voir si c’est jouable. C’est à 43 miles…





Le deal: je ne montre sa photo à Sheppard qu’à Tehachapi, je ne verrais la mienne qu’au même moment. On ne sait même pas à quoi on ressemble.
Et arrive 18h, on part. Il nous reste environ deux heures de soleil.
Très vite, on atteint l’aqueduc.
Séquence photo, et ensuite, hé bien… c’est tout droit. On marche sur l’aqueduc, et on papote.






On voit apparaître nos premiers Joshua trees, ces arbres bien connus des amateurs de cactus, et des fans de U2. (Selon moi, c’est leur meilleur album.)


Après environ 1h30, l’aqueduc s’enfonce sous terre, on le quitte provisoirement. Il en ressort plus loin, mais a changé de forme, et d’orientation: il est maintenant plat, et bétonné. Et est dirigé vers l’est.

La nuit fini par tomber. On s’arme de nos tubes fluo, et on continue. La peinture ne brille pas, dommage. Le chemin est très facile à suivre, même dans l’obscurité.





À 22h, petit coup de mou. Et on a tous faim. On arrive justement à un endroit abrité du vent, qui s’est levé. C’est donc l’heure de la pause. On allume nos frontales, et on s’installe. On a fait 12 miles sans s’arrêter, en 4 heures. Plutôt pas mal, on voit bien que le terrain est plat.
Sheppard et moi, on préfère rester dormir à cet emplacement. Plus loin, la zone est venteuse, et il y aura moins de zones abritées. Autant bien dormir ici. Grandpa et Disco continuent, évidement, et Simon pense trouver un autre endroit abrité un peu plus loin.
J37 (du mile 529 au mile 558)
21 mai
Réveil à 4h30. On n’est pas encore sortis de la zone problématique. Reprise de la marche à 5h30, avant que le soleil ne se montre.

On avait quitté l’aqueduc au moment d’aller dormir, on le retrouve plus loin. Et on arrive finalement à la wind farm (parc éolien). C’est là que l’on se retourne vers le nord. Vers les montagnes.




Hé oui, cette séquence de terrain plat, ça ne pouvait quand même pas durer éternellement. Donc on monte.

Pour redescendre. Oui, il y a une source d’eau, en bas… Puis on remonte. Vers midi, on cherche un coin d’ombre pour s’installer. On n’en trouvera pas. Mais on mangera quand même. Pas de sieste, par contre…


Quand soudain, peu après être enfin arrivé tout en haut, vers 15h, sur la crête…


Globalement, il y a un dénivelé positif de 1000m entre le début de marche de ce matin et 15h. Mais le cumul total est évidement plus élevé.
Vers 16h, on se regarde. On a fait nos 20 miles, comme prévu, mais il est encore tôt. Il nous reste 18 miles à faire demain pour rejoindre la route qui mène à Tehachapi. On avancerait bien encore un peu…
Seulement, la carte est formelle: le prochain campement est à 9 miles.

On tente. Pour plusieurs raisons. D’abord, on a envie de voir si on peut. Et si c’est trop long, on trouvera bien un coin où dormir, la zone n’est pas si abrupte que cela. Il est encore trop tôt pour s’arrêter. La suite est surtout en descente. Mais surtout, on espère arriver à Tehachapi avant midi, pour un vrai repas. Et on ne va pas se mentir, c’est ce dernier point qui est le plus important.
Sur le point de repartir, un des hiker qui faisait lui aussi une pause, U-turn, s’avère être français. Il a un bon accent anglais, je ne l’aurais pas deviné. Il vient de Lilles. On discutera, pour une fois en français, une partie du trajet. Il doit son trail name au fait qu’un matin, en quittant son campement, il a repris le PCT, mais dans le mauvais sens. Vers le sud. Et il a mis un petit moment à s’en rendre compte, avant de faire demi-tour (U-turn, en anglais).
Il me raconte aussi que là où on est passé, il y a quelques jours, un ours a été vu traverser un campement. Et dans cette zone, lui a vu de belles empreintes d’ours sur le trail…
Le campement de ce soir est dans un creux, près d’un ruisseau, évidement asséché, mais les arbres fournissent une excellente protection contre le vent. Parce qu’on est encore dans la wind farm. Et elle n’est pas là par hasard.
Résultat, 29 miles, c’est faisable. Mes jambes sont d’accord, mais mes pieds n’apprécient pas vraiment. La journée a été longue, et épuisante. Je ne traine pas, je mange et je me couche.
J38 (du mile 558 à Tehachapi, mile 567)
22 mai
Lever tardif, avec le soleil. On n’a pas mis de réveil.
En arrivant près de la route la plus proche, Magic Man est là. Il distribue des sodas frais, des gâteaux et des cookies. Tout ce qu’il demande en échange, c’est signer son cahier avec nos trail names. Et il passera la journée ici.

C’est aussi là que l’on croise Andy, Néo-zélandais. Il fait le challenge de Tehachapi en 24h. Il lui reste 7 heures pour les 9 miles restant, ça devrait le faire. Même s’il marche plus lentement.
On est toujours au milieu des éoliennes. Il faut dire, le col de Tehachapi est l’un des plus grand parc éolien des États Unis. Environ 3400 éoliennes.


Bien sûr, que je les ai comptées. Et si wikipédia donne le même résultat, c’est que mon compte est bon, c’est tout…
A titre de comparaison, on en a environ 8000 dans toute la France.



Sur le trajet, je croise un volontaire, qui se charge d’entretenir le chemin. Je le soupçonne de vouloir surtout discuter avec les hikers…

On arrive enfin au bord de l’autoroute. Le bus ne passe que dans plus de 2 heures (on est dimanche), on appelle un taxi, et on se partage la note à 4 hikers.

On arrive à Tehachapi. Comme il nous faudra envoyer un colis de nourriture plus loin, on va surement prendre un zéro day.
Je vous laisse, j’ai un burger avocat-bacon, avec frites, soda et milk-shake vanille, qui m’attend…
Tu commences à être trop éloigné de San Francisco pour passer vite fait nous faire un coucou à notre escale jeudi matin, dommage… Au fait, ton serpent en photo n’est qu’un Orvet (de la famille des lézards)
Sinon nous avons bien aimé ton maquillage…
Bises
Françoise et Gilles
J’imagine l’ambiance sur l’aqueduc …
Hahaha le quator d’enfer !
Profites bien du 0-day
Toujours autant génial de te lire Emilien c’est pas gagné gagné de trouver de l eau mais ça le fait pour toi et tes potes . Et les bâtons trop bien
Que de beaux paysages et t es aux taquets maintenant c est top
Vous êtes une belle équipe de hikers c est super
Merci
Rien à dire 😉
Au top !!!!!
j ai hate de lire la suite !!!!
A bientôt
coucou je vois que t es devenu accro au maquillage ! qui l eut cru ? le mien etait plus reussi dans un autre genre ! continue a nous raconter tes aventures , j aime ton blog , j ai file le lien a Camille je ne sais pas si elle te suis . gros bisous tata