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Bienvenue dans la Sierra

De Kennedy Meadow à Bishop, via Kearsarge Pass

Il y a un autre sujet, dont j’ai parlé tous les jours jusqu’ici, mais que je n’ai pas abordé dans le détail. Et ce sujet, c’est l’eau.

Alors je commence par une question: que fait-on quand on arrive à un point d’eau? La première chose?

Oui, ok, on pose le sac à dos. Mais ensuite?

La réponse est: on commence par manger. Parce qu’ensuite, on va boire le maximum d’eau possible, et il sera trop tard pour manger.

Et pendant ce temps, on vérifie à quelle distance sera le prochain point d’eau. C’est une question cruciale. Tellement importante, que si l’on veut confirmer auprès d’un autre hiker, il suffit de demander: combien? N’importe quel PCT hiker comprend très bien de quoi il est question. Faites pas ça chez vous, ça pourrait être mal interprêté.

Cette distance indique en effet quelle quantité d’eau on va devoir porter. Combien de kilos supplémentaires…

La base, pour moi, c’est 1 litre pour 4 miles. Plus 1 litre supplémentaire si l’on doit passer une nuit avant le prochain point d’eau, pour la cuisine et boire pendant la nuit (très important, quand on est proche du désert, l’air est vraiment très sec…). Plus au moins 1/2 litre, voire 1 litre en cas de chaleur importante, en fonction des prévisions météo. Un peu moins si on a prévu de marcher de très bonne heure le matin, quand il fait encore frais.

Chacun fait son petit calcul, en fonction de sa consommation personnelle. On essaie de viser au plus juste: l’eau, c’est lourd.

20 miles, avec une nuit à passer? 6 litres, donc 6 kilos supplémentaires. Pour rappel, mon sac, sans nourriture ni eau, pèse déjà dans les 8 kilos. Ajoutez encore quelques jours de nourriture, et je vous garanti que vous allez le trouver lourd, ce sac à dos.

La sélection des points d’eau est donc importante. Certains points d’eau sont fiables. D’autres non. Vous n’imaginez pas le nombre de ruisseaux asséchés que j’ai croisé. Et encore, certaines sources fiables, on peut parfois préférer les éviter. Je pense que vous vous souvenez de l’épisode de la citerne contenant de la soupe de rats… La blague du moment, c’était: de l’eau, mais pas pour les végétariens. Enfin, la sélection, c’est quand on a le choix. On préfèrera toujours une eau qui circule à une eau stagnante. Mais parfois, c’est ce que vous avez sous le nez ou rien, même si ça ne fait pas forcement envie…

J’ai heureusement mon filtre à eau, qui est sensé éliminer les bactéries et les parasites, et en complément pour les cas extrêmes, des pastilles micropur. Pour être sûr. Et on peut aussi pré-filtrer, avec un tissu quelconque, pour éviter que le filtre ne se bouche, si présence de nombreuses particules. En cas de goût marqué, ajouter un petit sachet d’électrolytes, ça aide, et ça limite la perte de sel par la transpiration. Vous en trouvez goût orange, fruits rouges, mojito… Non, je blague, pour le dernier. Quoique… Ça serait une idée. À développer.

Et ensuite, cette eau, vous la portez. Elle pèse. Mais vous en avez besoin. Et vous savez toujours combien il vous en reste. Pour savoir ce que vous pouvez vous permettre de boire.

En fait, au bout d’un moment, on en arrive à considérer l’eau comme une ressource importante, rare et précieuse.

Alors maintenant que vous avez le contexte, imaginez que vous arrivez tout d’un coup dans une zone avec de l’eau… partout. A quelques exceptions près au debut, tous les 5 miles, au maximum, on trouve de l’eau. Parfois, vous avez même plusieurs points d’eau différents sur un seul mile.

De l’eau claire. Fraîche. Non stagnante.

Partout.

Le pays des merveilles.

La Sierra.

J48 (de Kennedy Meadow, mile 702, au mile 722)

1er juin

Réveil avec le soleil  Tout était prêt hier soir, le petit déjeuner est vite préparé et avalé, les affaires vite rangées.

Et ensuite, on part. On quitte Kennedy Meadow, ce minuscule village, mais important symboliquement: c’est la porte d’entrée de la Sierra, et la dernière route avant un moment. Et on est déjâ à 1800m d’altitude.

On est vite arrêté par un ranger, qui vérifie les permis. Il s’amuse en voyant le mien: à priori, cette année, tous ceux qui ont plastifié leur permis, pour gagner en durabilité, sont des Français, et je n’échappe pas à la règle.

L’endroit pour la première pause est vite vu: on arrive au bord d’une rivière.

Malheureusement, ensuite, on passe le reste de la matinée dans une zone brûlée. Oui, encore…

L’après-midi est plus intéressante: on commence à avoir quelques vues sur ce qui nous attend.

Ce soir, on dormira tout en haut, là bas…

On arrive ensuite à la Kern River. Petite plage, ombre, et un pont qui emjambe la rivière. Tous les hikers y font une pause. On s’y baigne les pieds. Pas plus pour moi, elle est vraiment très fraîche. Il faut aussi dire qu’on est déjà à 2400m d’altitude…

Sous le pont, de nombreux nids d’oiseaux.

Après la pause, on repart. Et évidement, on monte.

À un point d’eau, je rencontre Clémentine. Une française. Décidement, en ce moment, je suis dans la bulle des Français.

On s’arrêtera pour camper à 3000m d’altitude. La vue est plutôt sympa, et j’aime beaucoup mon spot pour la nuit.

Je vous présente ma chambre… Bien abritée du vent pour une nuit en cowboy camping.
La vue depuis ma chambre au soleil couchant. En bas, mais difficilement visible, la rivière et le pont.
J’ai oublié de vous montrer mon nouvel accessoire pour les nuits froides de la Sierra: baclava en duvet. C’est beau, hein?

Jour 49 (du mile 722 au mile 744)

2 juin

Je me réveille de bonne heure. Il fait froid hors du duvet: 1°C. Tant pis, je déjeune sans en sortir, il faut trop bon à l’intérieur.

Shephard se réveille plus tard. Au début, je pensais qu’il avait oublié de mettre son réveil. Mais en fait, il a très mal dormi, et se sent mal. Il pense avoir mal digéré un truc.

Il me dit de partir devant, qu’il me rattrapera. Ok, je pars devant. Je vais marcher un peu moins vite, quand même.

Je commence par une petite montée, qui m’amène devant une vallée dans laquelle je vais descendre, pour remonter de l’autre côté…

Pendant ma pause du deuxième petit déjeuner, Clémentine passe, puis Yoshida, mais dans l’autre sens, il revient en arrière. Il a perdu ses lunettes, il pense savoir où, mais c’est plusieurs miles en arrière… Il a donc laissé son sac à dos au bord du chemin, et fait l’aller-retour. Je lui souhaite de vraiment retrouver ses lunettes. Bon courage…

Shephard m’a rejoint. On fini la descente ensemble.

J’ai dans la tête la musique du générique du dessin animé Clémentine. Ce n’est pas un prénom courant, tout de même. Oui, je suis bien placé aussi, pour les prénoms peu courants…

Si on descend, c’est pour l’eau. Une petite rivière coule dans cette vallée, qui devient un peu marécageuse. Et malheureusement, on y trouve aussi des moustiques… Je prend rapidement de l’eau, je ne m’attarde pas. Et je commence à remonter de l’autre côté…

Et je n’aime toujours pas monter. Et oui, je sais, je n’ai pas fini de monter. Je sais ce qui m’attend.

Clémentine, quand tu fermes les yeux, tu devines le merveilleux…

On s’arrête dans le milieu de cette montée pour manger, il est midi. Enfin, moi, je mange. Shephard m’annonce qu’il va sauter son repas, il n’a pas d’appétit. Houla… Ça ne lui ressemble pas du tout. Il sort sa bâche, s’allonge et s’endort.

Et l’après-midi, il se sentira faible. En même temps, s’il ne mange pas, c’est normal. On essaie de passer en revue tour ce qui pourrait être à l’origine de son état, qui ne s’améliore pas.

Une fois arrivés en haut, on longe la crête. On reste dans la forêt, les points de vue sont limités.

Mais le chemin reste sympa.

Clémentine, quand tu fermes les yeux…

On arrive au campement prévu. Il est bien abrité du vent. On est à 3150m d’altitude.

Demain, il nous reste 22 miles pour atteindre la jonction du trail qui mène au mont Whitney.

Jour 50 (du mile 744 au mile 765)

3 juin

On avait tablé sur le fait que l’état de Shepherd était passager, que ça irait mieux aujourd’hui. Ce n’est à priori pas le cas.

Du coup, on part quand même, mais adieu les prévisions. J’avais tablé sur la prochaine nuit au pied du mont Whitney, pour pouvoir y grimper de très bonne heure, et faire des photos du lever de soleil là haut. Ça, c’est râpé.

Enfin, tant pis pour le lever de soleil. Déjà, on se demande s’il est prudent pour Shephard d’y monter. Certains symptômes collent avec le mal des montagnes, ce manque d’oxygène lié à l’altitude. Mais tout ne colle pas. Du coup, on est pas sûrs. Que faire? Doit-il quitter le PCT? Doit-il simplement passer plus de temps à une altitude plus basse? S’il ne doit pas monter sur le mont Whitney, est-il prudent de continuer le chemin, qui mène tout droit au plus haut point du PCT?

Comment ça, j’ai pas l’air super à l’aise?

Sheppard traine. Il est très lent, fait beaucoup de pauses. Il se sent epuisé.

Clémentine, quand tu fermes les yeux…

Coup de chance, en passant sur un col, je tente: j’ai un peu de réseau. Pas extraordinaire, mais ça suffira pour une télé-consultation auprès du Dr Nono. Il est 18h en France, et je tombe juste entre deux de ses consultations. Parfait. Avoir l’avis d’un professionnel, ça permet d’avoir certaines réponses, et ça rassure.

Merci Dr Nono. Je lui offre une vue panoramique du col. Soyez pas jaloux, je l’ai fait travailler, je lui dois au moins ça.

On continue, et on arrive au Chicken Spring Lake. Littéralement le lac de la source du poulet. Le premier lac d’altitude de la zone, mais pas le dernier. Par contre, je n’ai pas trouvé le poulet. Dommage. Enfin, dommage pour moi, pas pour le lui. Je n’aurais rien contre un petit poulet rôti, moi…

Chicken Spring Lake

Clémentine, quand tu fermes les yeux…

On fini par en repartir. Et au dessus, on a une belle vue des montagnes environnantes.

Clémentine… Rhaaa! Ça suffit!

Shephard a un coup de génie: il va se mettre de la musique dans les oreilles, ça va lui permettre de ne pas penser qu’à son problème, et peut-être lui permettre d’avancer plus vite.

Et opte pour du Motörhead. Pour ceux qui ne connaissent pas, il y a un indice dans le nom du groupe: avec un tréma, vous avez de grandes chances d’avoir un groupe de métal. Véridique.

Et ça marche plutôt pas mal. Il ne retrouve pas tout à fait son rythme habituel, mais c’est déjà beaucoup mieux.

Le contraste entre Shephard qui écoute Motörhead et moi qui siflotte ce maudit générique de dessin animé est assez amusant.

La fin de journée approchant, il nous reste un petit col à passer avant la nuit. Je me décide aussi: je vais aussi me mettre de la musique, pendant la montée, ça ne peut pas faire de mal. Après tout, ici, plus de serpents à sonette, et ça fait depuis le départ que je n’ai pas écouté de musique.

– Clémentine? T’es toujours là?

– Bien sûr!

– Je crois que Lemmy voudrait te dire quelque chose…

– Qui c’est, Lemmy?

– Le chanteur de Motörhead. Et il est venu avec des copains.

– Ah. C’est le moment où je m’en vais, c’est ça?

– Oui, je crois…

La montée se passe terriblement bien. La musique me donne un rythme, et autre chose à penser qu’au prochain virage que j’appercois, toujours si haut…

Le campement que nous avions prévu est proche mais trop loin. Shephard est visiblement épuisé, il a besoin de repos. On s’arrête un mile avant la jonction qui mène au campement prévu. Repas rapide, et au lit.

Jour 51 (du mile 765 au mile 766, plus 16 miles pour le mont Whitney)

4 juin

Le plus haut sommet des Etats-Unis est situé en Alaska. C’est le Denali, ex-McKinkey. Mais bon, il est situé au milieu de nulle part, et est considéré comme l’un des plus dangereux au monde.

Le second plus élevé est le mont Whitney, 4421m d’altitude. Il y a deux passages, qui se rejoignent, pour monter à son sommet. Le premier passage donne sur la vallée à l’est, le second part du PCT…

Officiellement, il ne fait pas partie du PCT. C’est juste une friandise placée juste à côté. Il serait dommage de ne pas la saisir, non?

Shephard est toujours patraque. Mais il dit qu’il peut le faire. Il peut grimper sur le mont Whitney. Ok, on va le faire.

On se dirige d’abord vers Crabtree Meadow. C’est de la que part le sentier vers le sommet. C’est vraiment un endroit superbe.

On y laisse une grande partie du matériel: pourquoi s’encombrer alors qu’on va revenir par le même chemin? Je me sépare de ma tente, mon duvet, mon matelas, etc. Tout ce qui n’aura pas d’utilité reste là.

Et ensuite… Ça ne devrait pas vous surprendre:  on monte.

En haut à gauche: le mont Whitney
Petit lac

D’abord, c’est tranquille. On fait une petite pause au niveau de Guitar Lake. On y rencontre les habitants locaux. Pas vraiment farouches.

Whitney vu depuis sa base

L’avantage de partir assez tard, c’est que l’on croise ceux qui descendent. Certains sont montés de nuit, pour pouvoir prendre des photos du lever de soleil depuis là haut. Et surtout, certaines têtes sont connues.

Personnellement, vu le sentier… Finalement, je ne serais pas très à l’aise pour le monter de nuit, avec ma lampe frontale. Mais j’imagine que leurs photos valent le détour.

Il me faudra un certain temps pour atteindre le sommet. On ressent bien l’impact de l’altitude: je sens bien que je manque un peu d’oxygène. Je suis vite essoufflé. Je suis lent.

On y est presque…

Mais je fini par y arriver. La vue est… Oh, allez, je vous laisse la définir par vous même.

L’avantage de l’altitude, c’est que l’on arrive à capter des antennes téléphoniques très lointaines. J’arrive à trouver un peu de réseau, j’appelle la famille.

Un chipmunk est très intéressé par d’éventuels contenus comestibles de mon sac à dos…

Le vent s’est levé, la température descend. Je ne traine pas longtemps au sommet, je redescend. On pensait manger au sommet mais il y fait trop froid. On mangera bien plus tard, à côté de Guitar Lake.

Je vous laisse deviner pourquoi il s’appelle Guitar Lake…

Une fois de retour à Crabtree Meadow, on se pose la question: on avance de quelques miles, ou on reste là et on se lève tôt demain? La fatigue l’emporte: on reste là, et on se lèvera à 4h demain. Ça nous permettra de commencer à marcher dès le lever du soleil.

Jour 52 (du mile 766 au mile 784)

5 juin

Comme prévu, réveil à 4 heures. On s’habille chaudement avant de sortir de la tente, pour aller chercher nos bear cannisters: dans les meadows, la température descend plus bas qu’ailleurs. Là, il fait 2°C. Retour sous la tente, pour déjeuner à l’abri du petit vent qui souffle.

Au lever du soleil, on est prêts. C’est encore une belle journée qui nous attend: on se dirige vers Forester Pass. C’est le point officiel du PCT le plus élevé, avec 4009m d’altitude.

Le chemin qui y mène propose quelques vues intéressantes.

Là! Un ours! Mais si, la! Ah… Trop tard, vous l’avez manqué…
Au fond, la vallée où l’on se dirige. On aperçoit Forester Pass
Shephard, toujours devant.
Et moi derrière.

Et on entre dans le vallon où se trouve Forester Pass. Difficile à manquer: le col est en face.

On arrive depuis le côté sud. Un peu de neige en approchant, mais aucune neige restante sur le chemin jusqu’au sommet. À priori, ça ne sera pas la même donne de l’autre côté…

Pour vous donner un aperçu de la température locale, même au pied du col, les lacs sont encore plus ou moins recouverts de glace.

La baignade attendra un autre jour.
Et là, vous voyez Forester Pass d’un peu plus près. Avec son petit lac de la glace à son pied.

Et ensuite… Comme d’habitude, on grimpe.

Sans trop de difficultés, le chemin est bien fait, facile, même si évidement il nécessite un certain effort physique. Le chemin de Whitney comportait quelques passages un peu plus délicats.

Et on arrive en haut.

Derrière.
Devant.

L’avantage d’être au point culminant, maintenant, c’est qu’il reste mathématiquement plus de descentes que de montées. Oui, on se rassure comme on peut.

Et arrive maintenant ce qui, comme prévu, sera pour moi l’épreuve de la journée: la descente. Avec de gros névés à traverser (pour les plus jeunes: les névés, c’est la neige qui n’a pas encore fondu).

Forester Pass, côté nord

Le chemin de descente n’est pas pratiquable dans les passages recouverts de neige. Il faut donc couper à travers, dans la pente. Certains passage sont assez pentus, et dépourvus de roches saillantes: on peut alors se permettre de descendre en glissant sur les fesses. En suivant les traces de ceux passés avant. Ça, c’est assez amusant.

Il n’y a pas d’âge pour faire du toboggan.
Youhouuu!

Et ensuite, comme on a perdu le sentier, caché sous la neige, il faut naviguer dans les pierriers et les éboulis pour récupérer le chemin.

Ici, pas de toboggan… Suivre les traces, puis, une fois le névé traversé, descendre à travers les rochers pour retrouver le chemin plus bas.

En dehors des glissades, je manque clairement de pratique. J’alterne entre lent et très lent. On est dans l’après-midi, et la neige est molle. On s’enfonce très facilement, sur une profondeur variable, allant de la cheville, si on a de la chance, à la hanche, si on en a moins.

En effet, la neige, ça fond par le dessus, mais aussi par le dessous. Et parfois ça s’effondre. Le risque, quand on s’enfonce, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il y a dessous. Un branche, un rocher, c’est la surprise. Shephard est surpris par un ruisseau qui coule sous la neige, et moi je m’écorche la jambe, sans gravité, sur un rocher au bord acéré. Il était bien caché sous la neige. Le fourbe.

Enfin, la vue qui s’offre à nous de l’autre côté en vaut la chandelle. En passant le col, on a quitté Sequoia National Park, et nous sommes à présent dans King’s Canyon National Park.

Le début de la rivière qui traverse la vallée de King’s Canyon

J’adore cette vallée. Il y a de l’eau partout. Des petits ruisseaux qui se rejoignent pour former une belle rivière.

Un peu trop d’eau, même, peut-être. En arrivant devant une un cours d’eau à traverser, on ne trouve pas de solution. D’habitude, on trouve bien une série de rochers, voir un tronc, qui nous permet de traverser pieds au sec, au prix de parfois quelques accrobaties. Ici, rien en amont, rien en aval. Tant pis, elle est peu profonde, on aura les pieds mouillés…

On va poser nos sacs près de la rivière qui traverse la vallée. On monte les tentes, sinon les duvets seront humides demain matin. Et on se couche, bercés par le son de la rivière qui s’écoule…

Vue depuis le campement. La rivière du départ a bien grossi

Jour 53 (du mile 784 à Bishop, mile 789, via Kearsarge Pass, plus 8 miles)

6 juin

On se lève un peu plus tard. On n’a pas trop de chemin à faire aujourd’hui: même si j’adore cette vallée, il nous faut la quitter. Provisoirement. C’est que nos provisions arrivent à leur terme… Comme prévu, en fait.

Il nous faut donc aller ravitailler. Pour ça, d’habitude, le chemin croise une route. Ici, ça ne marche pas comme ça. Il n’y a pas de route. Il faut faire un détour, sortir de la montagne. Et pour ça, on doit passer par un col: Kearsarge Pass. 3600m.

Le chemin offre toujours des vues sympathiques. On commence par suivre la rivière, puis on prend une vallée perpendiculaire…

Sur la montagne, l’ombre de la montagne d’en face
Mais non, ce n’est pas le col, ça. Juste une petite montée…
Petits lacs
Gros lac. Bulfrog Lake, pour être précis
Kearsarge Lakes

Et on arrive au col.

Là bas, Kearsarge Pass
Mais si, là!
He, vous avez remarqué? C’est moi qui suis devant…
Le col, vue arrière
Vue avant

Et on descend.

On descend.

On descend longtemps.

Très longtemps.

Depuis que l’on a passé le col, on n’est plus dans King’s Canyon. Devoirs pour la semaine prochaine: qui est John Muir? Je veux au moins une page, je ramasserais les copies…

Et c’est un problème. Puisque l’on va devoir revenir par le même chemin…

Depuis le parking du trailhead, on était sensés faire du stop pour descendre. Mais la maman de Hide and seek, du groupe de U-turn, vient nous chercher, pour nous emmener à Bishop, où l’on va prendre une journée de repos avant de repartir.

Premier arrêt? Le restaurant. Ensuite, on se dirige vers The Hotel California. Logement pas cher et très sympa. Je vous ai dit que la consommation de cannabis à usage récréatif ne posait pas de problème ici, n’est-ce pas? Maintenant, je vous laisse regarder les initiales de l’établissement…

Message personnel pour mes parents: mais non, je ne consomme pas…

Photos à venir dans le prochain article.

12 commentaires sur “Bienvenue dans la Sierra”

  1. Encore de très belles photos, par contre il fait beaucoup plus frais 🙂
    Bon « zero day » à vous
    Biz Céline ta collègue

  2. Pour que Shepard avance plus vite, suggère lui de remplacer Motörhead par du Dragon Force dans sa tête 🤣

  3. Magnifiques paysages ! Il fait plus froid par contre apparemment il y a moins de problème avec l’eau ! Bonne continuation à toi et à bientôt pour la suite de cette formidable aventure ..

  4. Coucou Émilien
    Admirative de ta détermination et de ton courage. Tes photos sont magnifiques 🏞👍.
    Bon courage pour le reste de ton périple, prends soin de toi !
    A+

  5. Hello,

    Sublimes photos, narration au top :)))
    Merci de nous faire voyager c’est génial vraiment !!!
    prenez soin de vous !
    bisous

  6. Au fait John Muir ? c’est de la provoc ça ^^
    John Muir (né le 21 avril 1838 et mort le 24 décembre 1914) est un écrivain américain, né en Écosse. Il fut l’un des premiers naturalistes modernes, militant de la protection de la nature. Ses lettres, essais, et livres racontent ses aventures dans la nature et la vie sauvage, notamment dans les montagnes de la Sierra Nevada en Californie ; très lus à son époque, ils sont encore très populaires aujourd’hui. Son action a contribué à sauver la vallée de Yosemite et d’autres espaces sauvages. Le Sierra Club, qu’il a fondé, est à ce jour une des plus importantes organisations de protection de l’environnement des États-Unis. Ses écrits et sa philosophie ont fortement influencé la naissance du mouvement écologiste moderne.

  7. Que de magnifiques photos Emilien
    Trop bien tes récits , ça devient hard quand même !!!
    Ça grimpe ça grimpe et tu en baves mais tu ne lâches pas
    T es très fort chapeau bas
    Profites bien

  8. Tes photos sont magnifiques ! je suis conquise par la sierra et par ton aventure … J’avais quelques posts de retard mais c’est rattrapé ! et à grande vitesse tellement ton parcours est bluffant . Bravo à vous tous chers hikers !

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