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Les hauts cols de la Sierra

De Bishop, via Kearsarge Pass, à Vermillon Resort Valley, puis à Mammoth Lakes

Cette semaine, on est dans la Haute Sierra. On a passé Forrester Pass et le mont Whitney, mais ne vous inquiétez pas, il reste quelques cols d’altitude à franchir…

Et d’avance, je suis désolé. J’ai beau trier, j’ai du mal à mettre moins de photos. Ça risque d’être un peu long à charger…

J55 (du mile 789 au mile 790, plus 8 miles depuis Kearsarge Pass)

8 juin

On a chargé les sacs. Bon sang ce qu’ils sont lourds quand on transporte autant de nourriture. Heureusement que le portage d’eau est limité. Et que ce poids va diminuer au fil des jours…

On est à 8h45 devant l’arrêt de bus, comme prévu. Et il faut une heure de route pour revenir à Independance.

A l’arrêt de bus, on trouve Mac, Flo et Yoshida. Mac faisait partie du groupe de U-turn. Il est québequois, et là, il s’en va, il rentre chez lui. Il n’avait pas prévu d’aller plus loin.

Au revoir, Mac. Content de t’avoir rencontré.
Trajet retour jusqu’à Kearsarge Pass

Flo, de son côté, a acheté une canne à pêche, quelques leurres et une licence. L’idée est excellente, mais il admet avoir cassé sa tirelire pour ça…

Une fois arrivé à Independance, on se regarde. Peu de monde sur la route, le stop va être difficile. On va prendre la « navette », ça sera plus rapide. C’est un mec qui fait des allers-retours, il peut caser 6 hikers dans sa voiture, et fait payer 10$ chacun pour le trajet.

Petit calcul rapide: s’il réussi à remplir sa voiture à chaque fois, il prend 60$ pour monter, environ 30 minutes, et pareil pour descendre. 120$ de l’heure. Et je doute qu’il déclare ce petit revenu supplémentaire…

Hum… Excusez-moi, ça doit être un réflexe professionnel…

On est de retour au trailhead. Il est déjà 10h30. Et on sait ce qui nous attend, on est déjà passés par là. La température est déjà de 21°C. Enfin, c’est toujours mieux que dans la vallée, où il faisait 30°C…

Et non, je n’ai pas pris de photos de la montée vers Kearsarge Pass. J’en ai déjà pris en descendant.

Yoshida et Flo partent devant, ils sont rapides. Nous, on prend notre temps. On s’arrête pour manger au bord d’un petit lac.

Et il faut dire ce qui est: on est pas trop motivés. Ça semble d’ailleurs se répéter après chaque ravitaillement: le sac est lourd, on est fatigués rapidement. Et en plus, ici, on connaît déjà le paysage.

Une fois en haut, petite pause, grignotage, et on redescend. On ne repassera par contre pas par Bullfrog Lake, on choisira un chemin plus en altitude.

Bullfrog Lake, vu d’un peu plus haut

En arrivant sur les hauteurs du lac, je repère deux personnes, dont une est visiblement en train de pêcher. Je parie sur Flo et Yoshida.

On commence ensuite l’approche de Glenn Pass.

La fatigue aidant, on repousse à demain son passage. On a déjà fait un col aujourd’hui, c’est suffisant. Ce n’était pas un col très pentu, mais la montée était longue, et en plein soleil.

De plus, il semble qu’il y aie de la neige de l’autre côté, dans la descente de Glenn Pass, et ça sera plus facile à passer le matin: la neige sera plus dure.

Sur nos cartes, on remarque aussi que le col suivant, Pinchot Pass, n’est qu’à 16 miles après Glenn Pass. Hum… Si on avance bien demain, on tentera peut-être deux cols dans la journée. Mais pour ça, cette fois, on va se coucher de bonne heure.

Je dis peut-être, car on a aussi décidé de ne pas trop se presser. De profiter de l’endroit. La Sierra est souvent considérée comme l’une des sections préférées des hikers. Suivie de près par Washington.

On s’installe donc sur le dernier campement avant Glenn Pass. Et on n’est pas les seuls. Après nous, plusieurs hikers passent, et recherchent un endroit pour se poser. Certains feront demi-tour pour aller au campement précédent, pas si loin… La grande majorité des hikers préfère aussi visiblement passer le col le matin…

J56 (du mile 790 au mile 809)

9 juin

La nuit n’a pas été tranquille. L’armée des moustiques a lancé une première vague de kamikazes vers 21h. Devant l’absence de résultats, leur général a ensuite lancé une grande offensive. Mais j’ai eu le temps d’ériger mes défenses, et j’ai sorti ma meilleure arme: j’ai du DEET.

C’est un répulsif très efficace. Mais attention: c’est aussi un neurotoxique et il attaque les plastiques. Comme mes vêtements de pluie, ma bear cannister, ma tente, etc… A utiliser avec précaution et modération.

Le général moustique a fini par ordonner la retraite de ses troupes. Mais je sens qu’il n’en a pas fini avec moi…

Réveil à 5h. Petit déjeuner, rangement des affaires, et on part. On est déjà bien avancés vers Glenn Pass, et l’ascension, sans neige, se fait facilement. Arrivée à 3642m. La descente, par contre, présente toujours des névés.

Glen Pass, depuis le lac qui le précède.
Le même lac, vu depuis le haut du col
Et la vue de l’autre côté du col.
Il reste un peu de neige. Et là, c’est pas la partie pentue.

L’avantage, ici, c’est qu’on est le matin, et que la neige est dure. Ça la rend aussi glissante, mais j’ai mes micro-crampons. C’est bien plus securisant ainsi.

Je prend mon temps pour descendre, et aucun souci à déclarer. Je fais même une petite descente en glissade sur les fesses. Pour le fun.

Ensuite, on descend vers les Rae Lakes. Upper Rae Lake, Middle Rae Lake et Lower Rae Lakes, pour être précis. On y retrouve Yoshida et Flo, en train de pêcher…

Le col, vu depuis l’autre côté. Le chemin passe par la gauche.
Upper Rae Lake
Juste en arrivant vers les lacs, on croise encore un cerf. Celui-ci a une balise autour du cou.

Et c’est terrible. Les truites locales n’ont visiblement jamais vu un leurre artificiel, et ça marche du tonnerre.

Shephard, qui n’a jamais pêché de sa vie, ramène sa première truite au troisième lancer.

Et franchement, pêcher dans ce cadre, j’adore.

Je tente aussi, je lance la ligne, j’anime un peu le leurre… et je ramène une truite.

Pour le fun, je lance une seconde fois. Seconde truite.

Sur cette honorable statistique de 100% de réussite, je laisse à nouveau la canne à Shephard, qui fini, après quelques lancers, à ramener sa seconde truite.

C’est un truc de fou, même quand ça ne mord pas, on vois jusqu’à 5 ou 6 truites qui suivent le leurre, sans l’attaquer… Il suffit d’animer suffisamment le leurre pour déclencher une attaque.

Après, on pourrait passer la journée à ça, mais ce n’est pas l’objectif. Même si ça détend.

Si on veut faire Pinchot Pass aujourd’hui, il va falloir avancer un peu, quand même. Et aussi: le premier campement après Pinchot Pass est au bord d’un lac… Je lance à Flo: si on a pas de chance, la lac sera gelé. Il grimace.

On commence par de la descente. Et le général moustique tente visiblement de rattrapper ses récents échecs: ils sont partout. Le mot d’ordre pour le second petit-déjeuner: trouver un endroit avec du vent. Les moustiques n’aiment pas le vent.

Flo à gauche, Yoshida à droite, devant Middle Rae Lake

On décide donc de marcher ensemble, et on restera tous les quatres toute la journée.

Ce matin, on ne fait que descendre. La vallée que l’on traverse est vraiment pleine de rivières. Juste avant midi, impossible de traverser l’une d’entre elle les pieds au sec. Tant pis, on profitera de la pause repas pour faire sécher chaussures et chaussettes.

Cependant, toute cette eau n’est pas sans conséquence: les moustiques sont vraiment nombreux, dans les environs.

L’après midi, on remonte. On repart de 2600m, et on espère passer Pinchot Pass, 3695m.

Heureusement, on ne traverse pas cette rivière ici.

Là aussi, une des rivières traversées n’offre pas de solution pieds au sec. Zut, les miens commençaient à se remettre de leur baignade forcée du matin.

Ensuite, plusieurs autres rivières permettent une traversée plus ou moins facile. Mais j’ai déjà les pieds mouillés, je ne m’embête plus, je les trempe à nouveau.

À un moment, on hésite. Doit-on vraiment passer Pinchot Pass aujourd’hui? La pente n’est pas aisée, la fatigue du premier col est toujours présente, et au vu de notre vitesse, on risque d’arriver tard.

Montée vers le col

En partie, ce sont les moustiques qui nous décident: le général a visiblement fait sortir ses réserves, ils sont vraiment trop nombreux, ici. On sera peut-être plus tranquilles de l’autre côté.

L’autre raison c’est le programme de demain. Mais j’en parlerais plutôt demain… Suspens…

Flo et Shephard partent devant, Yoshida reste avec moi. Et on continue jusqu’au col.

Le col est sur la droite, mais le chemin qui y mène passe par les névés à gauche. Ils sont facilement traversables.
On approche
Vue arrière.
Vue avant, vers là où je vais.

Petite frayeur en apercevant le lac.

Difficile de pêcher dans celui là…

Heureusement pour Flo, le campement prévu est au bord du lac suivant. Moi et Yoshida, on arrive juste avant la tombée de la nuit.

Celui là sera un peu plus facile pour pêcher.

Du côté des moustiques, c’est un peu mieux.

Je me fais avoir par mon repas lyophilisé: après ouverture du sachet de pad thaï, je remarque que le temps d’attente, après ajout de l’eau chaude, est de 15 à 20 minutes. Il est aussi précisé que ce temps est valable pour une altitude d’environ 5000 pieds (oui, c’est une marque américaine, et ils peuvent pas s’empêcher de mesurer tout à leur manière…). On est à une altitude de plus de 11000 pieds. Je ne suis pas prêt de manger, moi…

J57 (du mile 809 au mile 827)

10 juin

Réveil à 5h. La journée d’aujourd’hui va être chargée elle aussi: l’objectif est la Mather Pass, 3686m. Et surtout: une de celle qui, d’après les échos des hikers, a le plus de névés.

Et ensuite, se rapprocher le plus possible de la suivante, qui est assez loin.

Yoshida avait prévenu hier soir: pas sûr qu’il se lève à 5h. Et en effet, il se lèvera plus tard. Pas grave, il nous rattrappera à plus tard. Au pire, on l’attendra en bas du col.

Le bout du lac a gelé pendant la nuit

On entame la matinée par une petite descente, environ 3 miles, puis c’est la montée jusqu’à col. Flo part devant, Shephard tente de le suivre. Moi, je prend mon temps: de toute façon, Yoshida est derrière, rien ne sert de se presser.

Lumière du matin, qui passe entre deux montagnes, à droite, pour éclairer celles de gauche.

Le général moustique a visiblement déployé ses troupes, et ordonné une tactique de harcèlement. Ils sont partout, ce matin. Je sors le DEET, pour mes jambes et mes mains, et ma moustiquaire de tête.

On ne garde pas longtemps les pieds au sec. Pourtant, le matin, les rivières ont un niveau plus bas: la nuit, la neige fond moins vite.

Traversée simple
Traversée un peu moins simple
Traversée… complexe

Les rivières suivantes sont beaucoup plus facile à traverser, quand on a déjà les pieds mouillés. On ne s’embête plus à jouer les équilibristes sur les rochers ou les troncs en travers de la rivière. Il suffit de vérifier que la hauteur d’eau n’est pas trop importante, et que le courant est suffisamment faible pour ne pas vous emporter. Et c’est tout droit.

Enfin, si un passage simple est possible, je le tente tout de même: si je veux avoir les pieds qui sèchent, à un moment ou à un autre, il va falloir qu’ils évitent l’eau.

Peu de temps avant le col, je suis aidé dans cet objectif par une marmotte. En effet, devant une rivière sans solution visible, je la vois, un peu plus loin, en aval, traverser la rivière. Je m’approche de l’endroit et découvre alors une série de rochers bien pratiques, mais non visibles depuis là où j’étais. J’ai évidement remercié la marmotte, mais elle ne m’a pas répondu.

On arrive au fond de la vallée. Alors, d’après vous: le col, c’est celui de gauche, du milieu ou de droite?

Yoshida me rejoint juste avant le col. Aucune trace de Flo, il a déjà dû monter, et je distingue Sephard en pleine ascension. Du coup, on attaque à notre tour.

C’était celui du milieu. Le voici de plus près. Vous pouvez deviner le chemin qui monte grâce aux lignes droites dans la neige…

La montée est facile, seuls quelques virages en épingle à cheveux sont bloqués par la neige. On coupera à travers la pente, les difficultés sont passées assez rapidement.

Vue arrière du col. Au sommet, on rencontre deux belges. Shephard est le seul non-francophone sur les six présents…
Vue avant, ce qui nous attend ensuite.

À la descente, c’est plus complexe. Il reste beaucoup plus de neige. La plupart du temps, impossible de voir où passe le sentier. Et des traces partent dans plusieurs directions.

On tente ce qui nous paraît le plus simple. Enfin, au vu de ce que l’on voit d’en haut. Pas certain que notre choix soit, au final, le plus facile, mais ça passe. Le tout, pour ne pas prendre de risque, c’est de prendre son temps. Surtout dans les pierriers. Et on se paye le luxe de faire deux glissades sur les fesses. Mine de rien, c’est ce qui nous amène le plus vite et le plus facilement vers le bas.

Une fois descendus, on trouvera un petit coin sympa, avec de l’ombre, et sans moustiques, pour manger et faire une petite sieste.

Après le repas, petite discussion sur ce qui nous attend. Flo et Yoshida veulent accélérer. Ils ont une réservation dans un hôtel à Mammoth Lakes, et, sans réseau, seront coincés en cas de retard. Moi et Shephard, de notre côté, on se disait justement qu’on pourrait ralentir et en profiter un peu plus.

Le temps que l’on a passé ensemble était bien sympa, mais nos objectifs divergent. Dommage. On les laisse partir devant, et on ne les rattrapera plus.

On arrive au bord d’un lac.
Après avoir longé le lac, on descend

On atteint quand même notre objectif principal, qui était le bas de la vallée. Flo et Yoshida ont dû continuer, mais pas nous. On est un peu fatigués, et les genoux sont sensibles. On préfère se reposer, on a encore un col à passer demain.

Juste à côté du campement. Autre rivière, que l’on va remonter demain.

J58 (du mile 827 au mile 844)

11 juin

Lever 5 heures. Et comme on était en bas de la vallée… Il ne reste plus qu’à monter. Jusqu’au col.

La semaine dernière, dans l’article sur l’entrée dans la Sierra, je vous ai donné des devoirs, et j’ai dit que je ramasserais les copies. Je suis sûr que vous ne m’avez pas pris au sérieux. Sauf Boris, j’ai vu qu’il avait bien travaillé. Dommage pour les autres…

Le col s’appelle Muir Pass (3648m). On y trouve la Muir Hutt, qui est un refuge placé sur le col. On est passé, et on repassera, par la John Muir Wilderness et on est aussi, depuis le mont Whitney, sur le John Muir Trail (le PCT et le JMT sont communs sur 170 miles, dans la Sierra). Et les lacs situés avant et après le col sont aux noms de ses filles, Helen et Wanda.

C’est dire si John Muir est important, dans cette zone. Et je ne vais pas expliquer qui il était.

Non.

Z’aviez qu’à faire vos devoirs, si vous ne savez pas.

The mountains are calling and I must go.

John Muir

Sur ce, le col est à 11 miles de l’endroit où l’on a dormi, et 11 miles de montée, c’est long. Même si c’est beau.

J’ai les pieds trempés dès 10h. Ils le resteront jusqu’au soir.

Surtout que le général moustique utilise une nouvelle tactique: attendre que l’on traverse une rivière, pour que l’on soit ralentis et que nos mains soient occupées à garder notre équilibre, pour lancer des attaques. Et c’est un peu pénible. Enfin, au moins, en gagnant de l’altitude, les moustiques finissent par disparaître.

Encore une rivière que l’on longe jusqu’à pied du col.

Et la rumeur qui disait que Mather Pass était le col le plus enneigé est fausse: c’est clairement Muir Pass. Mais ce n’est pas le plus dangereux.

Déjà, ce n’est pas un col en arête, comme les précédents, mais un col bien arrondi. Et la pente est beaucoup moins abrupte.

Oui, c’est par là…

On arrive devant Helen Lake. Le spectacle du lac gelé serait encore plus sympathique si on n’avait pas dû, juste avant, traverser la rivière qui en sort sans possibilité de garder les pieds au sec…

Helen Lake, gelé.

Le chemin passe juste au bord du lac. Mais avec la fonte, il passe en fait dans le lac. Juste au bord, mais quand même. Bon, on vient de traverser la rivière, on ne devrait plus être à ça prêt…

Et ensuite, on monte à travers la pente enneigée. Oui, on a les pieds trempés, et on les met ensuite dans la neige. Rien de tel pour se motiver à avancer ensuite.

Je vous ai déjà dit que ça monte? Oui? Hé bien je vous le re-dit.

Par contre, la neige est molle. On n’est pas arrivés de bonne heure. Shephard, qui est un poids-plume, passe sans trop de soucis, mais je ne suis pas vraiment un poids-plume. Et je galère beaucoup plus dans la neige que lui.

Le plus gros problème, quand on s’enfonce dans la neige, c’est qu’il faut en sortir. En prenant appui sur… Hé bien, on n’est entouré que de neige molle. Difficile de prendre appui dessus, mais vous n’avez que ça. Et surtout: ça prend un temps fou et ça vous fatigue. Physiquement. Et la répétition ne fait qu’accentuer le phénomène.

En alternant neige et, autant que possible, pierriers, on fini par arriver au col. Enfin!

J’arrive en haut!
Muir Hutt
Vue derrière le col

On ne traine pas trop: plus on attend, plus la neige ramolli. Repas rapide, et on descend.

Je m’enfonce de plus en plus facilement.

Tiens! Quand je vous disais que la neige était molle…

On arrive devant l’autre lac, situé juste après le col. Wanda Lake, gelé lui aussi. J’adore.

Grâce à la fonte des neiges environnantes, le trail, quand on le trouve, est un ruisseau. Véritablement. Et on patauge allègrement dedans.

À un moment, au milieu d’un névé, je pense poser mon pied sur un rocher, au milieu duquel se trouve un peu de neige. C’est une erreur. Je pose en fait mon pied sur une fine couche de glace entre deux rochers, entre lesquels passe un cours d’eau, sous la neige. Et je m’enfonce jusqu’en haut de la cuisse.

Première pensée: Oh pu… rée, c’est froid! Mais je ne me suis pas fait mal, c’est déjà ça. J’arrive, en prenant appui sur les rochers, à sortir facilement.

Je continue de m’enfoncer dans la neige molle régulièrement. Clairement, j’en ai plus bavé, sur ce col, que sur les précédents..

Mais Muir Pass est, pour le moment, mon col préféré. Je dis pour le moment, car il en reste d’autres.

On fini par sortir de la zone enneigée.

On arrive ensuite devant d’autres lacs. Sapphir Lake d’abord.

Puis Evolution Lake. Pour ceux que le sujet de la théorie de l’évolution intéresse, regardez sur une carte: vous trouverez dans les environs six montagnes aux noms familiers…

On a prévu de s’arrêter à Evolution Lake. Au programme: baignade, repos bien mérité et dodo.

J59 (du mile 844 au mile 867)

12 juin

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Shephard. Je lui offre une bouteille de Fanta. Il adore ça, il se jette dessus quand il en trouve, en ville.

Je sais, de votre point de vue, c’est très banal. Ici, c’est différent. C’est quelque chose auquel on a pas accès facilement, et ça implique que je l’ai porté depuis le dernier ravitaillement. Et ça lui va, il est super content.

Le programme du jour: d’abord, dans 5 miles, le passage d’Evolution Creek. L’une des trois traversées de rivière les plus dangereuses. Et c’est pour ça qu’on va la passer le matin, de bonne heure. Il y aura moins d’eau, puisque moins de fonte de neige pendant la nuit, et la traversée en sera beaucoup moins dangereuse.

Puis, on va avancer vers Selden Pass (3326m d’altitude). À 19 miles, le dernier campement avant le col. On décidera à ce moment si on le fait ou si on attend le lendemain.

On démarre tranquilement. On commence par une descente douce.

On arrive devant Evolution Creek. Et c’est un non-événement. Le niveau d’eau est vraiment très bas. Aucun danger.

Plusieurs facteurs à cela: c’est le matin, donc un peu moins d’eau, mais surtout: cette année, l’enneigement a été faible. En dessous de la normale.

J’ai vu des photos: certaines années à fort enneigement, l’eau arrive au niveau de la poitrine des hikers. Il faut donc traverser en caleçon, en tenant au dessus de sa tête le sac à dos, qui contient toutes les affaires.

Moi, je choisi un endroit avec le moins d’eau possible, même si un peu plus de courant, et je passe avec, au maximum, l’eau au niveau des genoux. Clairement, ce n’est pas la même difficulté.

Traversée d’Evolution Creek

Après, on descend dans la vallée, et Evolution Creek se jette dans la San Joaquin River, que l’on va suivre.

Evolution Creek, peu après l’avoir franchi

Le chemin, en plus d’être sublime, est facile à suivre et les miles avancent vite.

San Joaquin River

Malheureusement, on quitte cette vallée, pour monter vers Selden Pass.

On retrouve une zone dont le nom est connu…

Dès le début de la montée, le temps se couvre, et le vent se lève. On hésite un moment: on ne voudrait pas non plus être coincé sur un col si ça empire. Le temps d’arriver au dernier campground, on constate que la météo semble plutôt se maintenir… On termine la montée, il ne reste plus grand chose pour arriver au sommet. Quasiment pas de névés, en montant comme en descendant.

On voit enfin le col

La vue de l’autre côté…

C’est plutôt banal, hein? Non? Comment ça, non?

On cherche à dormir dans les environs. Mais le vent souffle toujours, et assez fort pour que l’on cherche des endroits abrités. Malheureusement, on ne trouve rien qui ne convienne dans la zone, pour deux personnes. Tant pis, on dormira un peu plus bas…

J60 (du mile 867 à Vermillon Valley Resort, puis au mile 885)

13 juin

Aujourd’hui, on va ravitailler à Vermillon Valley Resort, ou VVR. Le PCT passe à côté du lac Thomas A Edison. Nommé en l’honneur du propriétaire de la compagnie électrique qui a construit le barrage, qui a créé le lac.

Et de l’autre côté du lac, de trouve le resort (une sorte d’hôtel-camping, avec petite boutique et restaurant), où les hikers du PCT et du JMT viennent ravitailler, voire se reposer.

Et pour amener les hikers au resort, un ferry, qui traverse le lac deux fois par jour.

Enfin, en principe.

Aux dernières nouvelles, le ferry est arrêté, pour réparations. Ce qui nous oblige à contourner le lac soit 10 miles de plus à l’aller, sur le chemin au sud du lac, et quasiment autant au retour, sur le chemin au nord.

On se lève à 5 heures, avec le soleil, comme d’habitude maintenant. Pas besoin de se presser pour être à l’heure pour le ferry.

Il fait froid, 3°C au thermomètre, sous ma tente. Et le vent, toujours présent, est… on va dire: vivifiant.

Il faut pourtant bien se lever, et aller chercher cette satanée bear cannister, dans laquelle se trouve mon petit déjeuner. Je retourne dans ma tente pour manger: au moins elle me coupe du vent. Puis je range mes affaires, et on part.

Puis on arrive au bord de la seconde rivière « dangereuse », Bear Creek.

J’y fait une erreur d’évaluation dramatique: je mouille le bas de mon short. Ouais. Toujours pas de risques, pour cette traversée. D’où les guillemets autour du mot dangeureuse.

Le niveau d’eau est en effet un peu plus haut que ce que j’avais pensé.

Bon, par contre, l’air n’était déjà pas chaud, mais la rivière, elle, est glacée. Arrivé au milieu de la traversée, je ne sens déjà plus mes orteils. Enfin, il suffit de ne pas trop traîner. Par contre, pour une fois, c’est moi qui suis passé le premier. J’encourage Shephard:

– Allez! C’est la nature! C’est sauvage! C’est pour ça que t’es venu faire le PCT!

– Ouais! Et si tu ne me retenais pas, je ferais ça toute la journée!

Bon, on ne plaisante pas longtemps, il est temps de se réchauffer un peu, et donc de marcher. Je pourrais me sécher les pieds, et mettre des chaussettes sèches. Mais mes chaussures seraient toujours trempées, ce qui ne changerait rien au problème…

La même rivière, un peu plus loin. Nan, mais c’était un bon endroit, pour traverser, en fait…

On arrive au croisement du PCT et du chemin vers VVR. On y croise un autre hiker, qui nous apprend que le ferry fonctionne à nouveau depuis quelques jours… Zut. Le ferry passe, le matin, à 9h45. Et il est… 9h45. Si on avait su, on se serait levés plus tôt.

Tant pis. On prendra le ferry au retour.

On descend donc le trail vers VVR. On arrive au trailhead après 8,6 miles, vers 12h. Là, Chip, cuisinier au VVR, nous offre de nous déposer au resort. Ce n’est pas de refus. Merci, Chip.

Il nous explique que le lac est particulièrement bas. Avant l’hivers, la compagnie électrique a abaissé le niveau d’eau au maximum autorisé, pour faire quelques travaux. Et depuis, l’enneigement insuffisant a augmenté le déficit prévu.

D’habitude, l’eau atteint quasiment le haut du barrage. Mais là…

Ce qui est étonnant, c’est qu’à Mammoth Lakes, à 30 miles, ils ont enregistré le record d’enneigement jamais vu. C’est d’ailleurs là que je vais pour mon prochain ravitaillement. Mais c’est une mauvaise nouvelle: la troisième rivière du classement des plus dangereuses traversées du PCT est dans ce secteur. Hum… On verra quand on y sera.

Bon, VVR, c’est sympa. Mais bon sang, ils abusent un peu sur les tarifs. Rien que pour accéder au wifi, c’est 25$. Du coup, je n’ai pas de réseau téléphonique, j’hésite… Mais j’arriverais à Mammoth Lakes dans deux jours. Vous allez bien attendre deux jours, non?

Avec Shephard, on se regarde… Ouais, on s’inscrit pour le prochain ferry, à 15h45. La douche et la lessive attendront bien deux jours, eux aussi.

Et cette phrase me fait réagir, après l’avoir écrite. Il faut croire que l’on s’habitue. Mais j’étais persuadé, il y a maintenant deux mois, que j’étais incapable de l’écrire. Comme quoi…

On mange, on ravitaille pour deux jours et on recharge nos appareils électriques. Et on passe le temps restant en écrivant, moi mon blog, lui son journal.

Le bâtiment principal de VVR: boutique et restaurant

Petit changement de programme: on ne prend pas le ferry. Non. Pas assez d’eau, le ferry est à quai. Même le chenal, qui permet d’accéder à VVR en cas de manque d’eau, est vide. On va prendre des petits bateaux à moteur.

Moi et Shephard, on se retrouve sur celui « qui a une fuite, mais ne vous inquiétez pas, je viens tout juste de réparer. Et si ça ne tient pas, j’ai une pompe ». OK. Pas de problème, on n’est plus à ça prêt. On embarque, et on traverse le lac.

Le « capitaine » vérifie que sa réparation tient…
Et on repart…

Après retour sur la terre ferme, quelques miles, et nous voilà de retour sur le trail. La question se pose alors: on va jusqu’où, aujourd’hui. Et pour une fois, on inverse les rôles. Shephard, qui d’habitude voit les choses en grand (« si on pousse un peu, on pourrait… » est une phrase que j’entend souvent), veut camper avant Silver Pass (3285m). Et moi, d’habitude plus modéré, insiste pour la faire ce soir. Et j’ai du mal à le motiver.

Il y a un campement, un peu plus haut que le col, d’où la vue devrait être magnifique, et il ne devrait pas y avoir de moustiques. J’insiste sur le fait qu’on pourrait donc passer la nuit en cowboy camping. Avec ça, je sais que je marque des points.

Un point négatif tout de même: pour arriver avant 20h30, le coucher du soleil, il va falloir se dépêcher. Vraiment. Et même si le col n’est pas des plus élevés, il nous reste un certain dénivelé à grimper. Et passer par un col, de nuit, avec la lampe frontale, alors qu’il pourrait rester des névés plus ou moins glissant, ça n’est pas une bonne idée.

Quelque part dans cette direction, notre prochain campement.

Et c’est parti. Le chemin est assez pentu, par endroits. Pas facile, et en plus, il faut faire vite. Je me maudis plusieurs fois d’avoir eu cette idée. Shephard, parti devant, avouera lui aussi avoir pas mal pesté. Il s’est laissé convaincre par, je cite, « la lueur de folie dans mon regard ».

Ça monte…
On aperçoit l’entrée d’une vallée, qui part vers la gauche, en haut. Le chemin passe par là.
Voilà. Il y avait bien une autre vallée, en haut…
On commence à avoir de jolies couleurs.
Le col. On va dormir sur le petit sommet à sa droite.

Mais on y arrive, on est sur place à 20h20. Pfiou!

La vue depuis ma chambre, côté soleil couchant.
La vue depuis ma chambre, côté soleil levant.

Quelques photos, et on se prépare pour une nuit froide. J’ai un névé à 3 mètres de moi, c’est dire. Et on se change: j’ai encore les pieds mouillés d’une traversée de rivière, pendant la montée. Pas question de dormir comme ça, je prend ma dernière paire de chaussettes sèches. Toujours garder des chaussettes sèches, au cas où… Repas rapide, à la lampe frontale, déjà dans mon duvet. Et au dodo.

J61 (du mile 885 au mile 901)

14 juin

Il a fait froid. Pendant la nuit, mon matelas s’est un peu dégonflé. Je touche le sol. C’est inconfortable, certes, mais surtout je ne suis plus isolé du froid. Et le sol est vraiment très froid. Je regonfle le matelas, l’inspection attendra d’arriver en ville. Je vérifie le thermomètre de ma montre: -2°C, à l’abri du vent.

Grasse matinée. Lever à 7h30. En fait, on attend surtout que le soleil commence à chauffer, et fasse dégeler nos chaussettes et chaussures… Pas le courage de s’infliger ça, ce matin. Pas après les efforts fournis hier pour monter.

Il reste 16 miles pour joindre la jonction pour Mammoth Lakes. C’est une station de sports d’hivers, proche du PCT. Seulement, ça nous ferait arriver le soir, et on n’a pas encore réservé d’endroit où dormir. Et ce n’est pas vraiment le soir qu’il faudra commencer à chercher: la station est en général bondée. Donc on va prendre notre temps, dormir près de la jonction, et arriver le matin en ville.

Et honnêtement, ça tombe plutôt bien: on est tous les deux fatigués d’avoir forcé le train hier soir. Prendre son temps aujourd’hui est donc une très bonne idée. On est très lents, de toute façon.

On commence par descendre du col, en évitant si possible les quelques névés restants.

Silver Pass vu d’en bas.

Petite pause le midi, au bord d’une rivière. Shephard tente de se baigner, mais sort très vite après s’être juste mouille les pieds: trop froide.

Dommage que l’eau soit si froide…

On enchaine sur une montée, pas énorme, mais qui nous fatigue plus vite que d’habitude. On n’est vraiment pas en forme, aujourd’hui. Heureusement, on tombe très vite sur un lac. Donc, c’est l’heure de la pause.

On reprend ensuite. On passe au final une grosse majorité de la journée en forêt. Peu de vues à vous montrer.

Ici, un pan de montagne s’est détaché. Un bel éboulement, je n’aurais pas aimé être dans les environs quand c’est arrivé.
Peu de vues, mais pas aucune vue, tout de même…

On franchi une nouvelle étape.

On s’arrête à 2 miles de la jonction. On y trouve Cowboy, Day Hiker et leur groupe. Comprendre: Martin, le Tchèque, et Elfi, la française, que j’avais rencontrés au départ et croisés quelques fois depuis.

Le général moustique utilise sa tactique habituelle, maintenant. Phase 1 : « ça va, il n’y a pas de moustiques ici ». Phase 2: « tiens, je viens d’en voir un ». Et phase 3: chacun va s’enfermer dans sa tente, ou mettre du répulsif…

J62 (du mile 901 au mile 903)

15 juin

Réveil tardif. On a le temps. Il y a un trolley, qui passe à partir de 9h30, toutes les heures, au trailhead, et qui descend vers la station.

Température plus clémente ce matin: 5°C. On est proche de la station, et je capte un peu de réseau: j’appelle la famille.

En descendant vers le trailhead

On arrive au trailhead vers 9h. On y rencontre Jarjar, la maman d’un PCT hiker. Elle vient de Louisiane pour apporter un petit soutient à son fils. Elle a préparé des petits déjeuners (breakfast burrito et jus de fruits) pour les randonneurs qui descendent vers la station. Trail Majic! Merci à elle.

Les hikers venus chercher le trolley de 9h30. La maman de Louisianne est en bleu foncé

Le trolley arrive. On descend en ville, et on va prendre notre second petit déjeuner: pour moi, un vrai chocolat chaud, et un muffin.

Le trolley

Je suis ensuite contacté par Flo et Yoshida. Ils doivent repartir aujourd’hui sur le trail, mais on va manger avec eux ce midi. On passe à la boutique de sport locale, pour une fois très bien fournie en matériel pour randonneurs, puis et on file au restau italien à côté.

On trouve un hôtel, puis douche, lessive et ravitaillement.

Et envoi des photos vers le blog, ce qui va prendre un certain temps…

On va prendre une bonne pause, ici. Pour reposer les jambes, d’abord, et pour planifier la suite.

16 commentaires sur “Les hauts cols de la Sierra”

  1. Quelles photos !!! Et encore, on est si loin de ce que tu vois toi, en live !!! Ça doit être tellement incroyable !!
    Repos bien mérité Émilien 👍 Quel challenge 💪 mais tu gères hyper bien, bravo 👏

  2. Toujours aussi passionnant de suivre cette aventure ! Quels beaux paysages .. vous êtes tous tellement courageux !! Bravo Emilien

  3. roussel françoise

    c est magnifique ! tu nous en met plein la vue ! ….au fait les truites ..vous les avez mangées ?
    bon repos , bisous

  4. Cc.de nouvelles images ,tt a fait différentes des précédentes mais qu elles sont belles !
    Admirable un fois de plus ton périple .
    Pas d animaux,en dehors des moustiques,bien sûr,omni présents ,on a bien compris !
    Juste une petite marmotte ?
    Et tt ça dans la bonne humeur et l humour !
    Bravo a toi et aux autres bien sûr .
    Continue ainsi en prenant soin de toi et des pieds ,ils sont essentiels !
    Bises

  5. Hello Emilien
    Superbes photos un régal pour les yeux on a « un peu » l’impression de partager ce qui est devenu ton environnement depuis quelques semaines maintenant, un pur bonheur. De voir que que tu y prends toujours autant de plaisir, c’est bien.
    Ravie pour toi
    Biz

  6. Bonjour Emilien,

    J’aime bien quand tu ne tries pas trop les photos !! Les dernières sont vraiment magnifiques.
    Ca fait rêver !
    Par contre le coté hygiène défaillante et odeur de fennec suis pas sûre d’adhérer…
    Bonne continuation et au plaisir de te lire !

    Biz

    Cécile

  7. Bonjour Tonton,

    Le décor dans lequel tu évolues actuellement, avec aisance et passion, est splendide. Tes clichés sont raffraichissants (c’est idéal au vu de la chaleur qu’il fait actuellement en France) et nous laissent rêveurs.

    Continue comme ça ! On est fier de toi.

    Bises

    Angèle, Adrien, Baptiste, Fany et Yann

  8. WAAOOOUHHHH que dire après tous ces posts !!!!
    Tout est dit !
    Ton histoire est devenue mon livre de chevet pour avoir en mémoire les paysages si sublimes en photos, j ose imaginer pour toi le « en vrai »
    Encore bravo, bravo à tous et respect franchement !!!!
    Bizz à très vite de te lire

  9. Tu as un air de Tom Hanks dans « seul au monde » avec ta jolie barbe et ta moustiquaire
    C est une aventure extraordinaire, ces paysages grandioses , tes péripéties, que tu nous fais partager … Je suis fan
    Bizz

  10. Coucou Emilien,
    continue de nous faire rêver dans ces splendides paysages , bravo à toi , à ton courage !
    Dis à « général moustique’ de passer son chemin !!!
    Au plaisir de te lire .
    Prend soin de toi
    Bises

  11. Bon, ça fait longtemps que nous n’avons pas eu un de ces messages d’Emilien que nous aimons tous…
    Pour tromper l’ennui, il n’y a pas quelqu’un qui a quelque chose à raconter ? Une randonnée en forêt, une promenade avec sa grand-mère, la sortie de son chien ?… N’importe quoi… Même une blague de Toto… Mais pitié quelque chose !!!! Je suis en manque !!!

    1. Coucou tout le monde,

      C est vrai que nous sommes en manque. Il aura réussi à nous rendre accro !
      Alors pour nous faire passer le temps et rêver de grands espaces, je vous suggère de regarder les films suivants :
      – Wild ( film sur le PCT)
      – Brokeback mountain
      – into the wild
      – sept ans au Tibet ( bon je sais, ce n’ est pas en Amérique mais c est Brad Pitt quand même !)

      Je pourrai également vous raconter mes randonnées…. Oui c est vrai, je n en fais pas ! Bon mes matchs de tennis alors ?! J ai cependant bien conscience que vous recherchez l’aventure au travers des péré
      grinations de mon mari. Aussi, je vais vous laisser patienter jusqu’à la prochaine publication qui ne devrait pas trop tarder.
      Allez, je vais spoiler un peu : les photos vont être superbes, notamment avec le petit détour au parc national de Yosemite !

      Bonne attente à tous !

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