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L’armée des widowmakers et le milieu du chemin

De Sierra City à Old Station

J85 (de Sierra City, mile 1195, au mile 1211)

8 juillet

Petit déjeuner au restaurant d’à côté: breakfast burrito et jus d’orange.

Puis c’est le départ. Et on commence en douceur: 850m de dénivelé positif pour commencer la journée. La première partie est en grande partie à l’ombre, avec 32 virages en lacets. Puis, ensuite, la vue se dégage, et on est à flanc de montagne, sous le soleil.

1200 miles

Pause repas en arrivant en haut. On descend ensuite vers le lac, plus bas. On y trouve le groupe de Milk et Crypto, et l’eau n’est pas trop froide… On s’arrête un moment. Petite surprise cependant: ils n’ont pas tous l’air d’être là. En effet: une a un problème de cheville, et va surement s’arrêter là, un autre a un problème d’estomac, un a réussi à attraper le COVID, et compte les rattrapper plus tard. Je fais remarquer à Shepherd, à haute voix, qu’on ne devrait peut-être pas rester avec eux…

Puis on reprend la montée, jusqu’au campement.

Les autres ont repéré le même campement. Pas de problème, il y a assez de place pour tout le monde. Pendant le repas arrivent 3 cerfs, nullement effarouchés. On range précautionneusement notre materiel: les cerfs aiment le sel, et il n’est pas rare de retrouver notamment ses bâtons de marche rongés au niveau des poignées. Un d’entre eux se couche à environ 15m de nous, c’est dire à quel point ils sont dérangés par notre présence.

J86 (du mile 1211 au mile 1237)

9 juillet

La journée se passe majoritairement en forêt, sauf au début de la matinée. Et on voit bien que l’eau devient plus rare: elle se trouve maintenant majoritairement hors trail. Il faut, le plus souvent, faire un détour pour aller la chercher. Et comme c’est une zone où l’on s’arrête, le général moustique y a, le plus souvent, positionné des troupes en défense.

En arrivant vers l’heure de midi, on retrouve le même groupe. On s’arrête aussi. Et on voit alors arriver deux mecs, dont l’un porte, accroché sur son sac à dos, un sac en filet, plein de sachets de chips. Et quand il s’aperçoit qu’on est des PCT hikers, commence la distribution, un paquet chacun. Trail Magic sur le chemin, encore une fois. On lui trouve un surnom: Bear Pinãta.

Le soir au campement

Le soir, on s’arrête juste avant la zone brûlée. Le groupe aussi. Il est vrai que c’est plus simple ainsi: dans cette zone, il faudra se méfier des arbres morts, alors qu’ici, pas de problème. Et on va ensuite devoir enfreindre l’une des règles concernant les zones brûlées: celle qui demande à ce qu’on ne s’y arrête pas. À partir de maintenant, il va être difficile de ne pas s’y arrêter, puisqu’on va avoir environ 100 miles de forêt brûlée…

J87 (du mile 1237 au mile 1260)

10 juillet

Aujourd’hui, 1500m de dénivelé positif et autant de négatif. En deux phases: descente le matin, remontée l’après midi.

Et comme prévu, on entame par la zone brûlée du Bear Fire, qui date de 2020.

Quand parfois tu es fatigué, mais que tu dois filtrer ton eau…

L’objectif pour le midi est un pont. En dessous coule la Middle Fork Feather River, assez profonde pour s’y baigner et même y nager un peu. Il faut aussi dire qu’après ce pont, on remonte, jusqu’au campement. Autant se détendre un peu avant.

Comme je suis toujours plus lent en montée, je suis le premier à partir. Je compte bien prendre mon temps, surtout qu’il fait chaud. Environ 35 °C, heureusement le plus souvent avec de l’ombre. Mais cette montée paraît interminable. J’y passe presque 4h30, quasiment sans faire de pause, sauf pour boire, ou grignoter rapidement un truc. Monter. Monter, monter, monter.

Ce qui motive, c’est qu’on a repéré un campement vraiment sympa, avec un point de vue superbe, idéal pour le cow boy camping. Et pas d’arbres morts à proximité immédiate.

C’est un gros rocher, pas possibilité de planter une sardine. Cowboy camping pour tout le monde!

J’arrive un peu après 17h. Je m’attendais à ce que Shepherd me dépasse, mais non. Seulement, tout l’autre groupe arrive, et lui n’est toujours pas là. Étrange.

Pendant la nuit, je me réveille, et j’appercois son téléphone allumé. Donc il ne dort pas, et pour ne pas réveiller les autres, au lieu de parler, je lui envoie quelques messages.

Et je commence à trouver le temps long.

Il n’arrivera qu’à 19h. Très étrange. Quand il arrive, il ne dit pas grand chose, mais il se couche quasiment immédiatement, sans manger. Et ça, un Shepherd qui ne mange pas, c’est vraiment pas normal. Mais bon, il n’a pas trop l’air de vouloir en parler, et plutôt de dormir, donc… Ça attendra un peu.

Et en fait, il est malade, il sent qu’il a de la fièvre. M… ince…

Pour le moment, pas grand chose à faire, il a pris un truc pour faire baisser la fièvre. Pour la suite, on verra demain.

J88 (du mile 1260 au mile 1280)

11 juillet

Pas de réveil ce matin, on n’est pas vraiment pressés, et Shepherd a besoin de ce reposer. L’autre groupe, cependant, est motivé pour se lever tôt: ils comptent aller à Quincy, et l’appel de la nourriture est très compréhensible. Ils font presque la course pour arriver le plus tôt possible. J’avoue que moi aussi, je n’aurais rien contre un vrai petit déjeuner. Mais pour ça, il faudrait faire du stop à l’aller et au retour, et ce n’est pas une route très passante. On préfère donc éviter.

Ce n’est pas eux qui me réveillent, mais mon matelas qui s’est dégonflé. Et le lever de soleil est vraiment très sympa. Merci, matelas. Même si je vais devoir m’occuper de ton cas prochainement.

Shepherd se réveille aussi, on déjeune rapidement, les autres sont déjà partis. Ensuite, on range et on part. Sauf que je commence par une « pause technique ». Oui, je sais, mais c’est important pour la suite. Je pars donc en fait en dernier, et j’essaie de rattrapper Shepherd. Il ne se sent pas bien, il va être lent, ça devrait donc être rapide. La route qui mène à Quincy est à 8 miles. Et pendant ces 8 miles, j’accélère, mais je ne le vois jamais. Il est vraiment très rapide, surtout pour un malade. Je prend mon second petit déjeuner seul, en vitesse.

On est sortis de la première zone brûlée.

Je vois bien les traces de ses chaussures, pourtant… Alors un détail: oui, on reconnaît les traces des chaussures les uns des autres. Sauf quand c’est des Altras, bien sûr. La grosse majorité des hikers porte des Altras. Mais une fois sorti de cette marque… J’ai des Merrell et Shepherd des New Balance. Et je les vois bien, ses traces. Sauf que… Certaines sont à moitié effacées par d’autres, plus récentes. Shepherd aurait rattrapé et doublé les « pressés d’arriver à Quincy »? Bizarre…

Je finis donc par arriver à la route pour Quincy. J’y trouve Crypto, Milk et Powerplant, qui tentent de faire du stop depuis presque une heure, sans succès pour le moment. Ils n’ont pas vu Shepherd.

Ça veut dire qu’il est derrière, et que les empreintes que j’avais repérées ne sont pas les siennes.

Oups…

J’attend donc Shepherd au bord de la route, avec les trois autres. Pas difficile de comprendre pourquoi le stop est compliqué: pendant les trois quarts d’heure que j’attend avec eux, seulement deux voitures passent. La décision de ne pas aller à Quincy, pour moi et Shepherd, me semble être la bonne.

Shepherd fini par arriver, il se demandait pourquoi j’étais si rapide, que je ne faisais pas de pause et que je ne l’attendais pas. Il a lui aussi fait une « pause technique », au départ, mais je n’ai pas vu son sac au bord du chemin.

On fait une pause, il est fatigué. Une voiture passe, et s’arrête. Fin du calvaire pour les trois autres.

On fini par repartir, moi et Shepherd. Et en traversant la route, on trouve un Trail Magic. Quelqu’un a laissé des pommes, des paquets de chips, et un mot. Merci!

La suite du trail: montée sous le soleil, très peu d’ombre, surtout au départ. Et on atteint ensuite la zone brûlée par le Dixie Fire, qui date de l’année dernière (2021).

La différence entre le Bear Fire et le Dixie Fire est flagrante: dans la première, ça a commencé à repousser. Dans la seconde, ça sent encore le brûlé. Et dans certaines zones, rares sont les plantes qui y repoussent. Ce sont surtout des champignons, sur les troncs morts. Heureusement, il reste des endroits où le feu n’est pas passé, des îlots de verdures perdus au milieu des troncs noirs et de la terre recouverte de branches mortes et de cendres.

Shepherd commence à râler, il est fatigué. On s’arrête donc avant Belden, sur une jolie crête. Il y a des emplacements, pas d’arbres prêts à nous tomber dessus, un peu de vent qui nous protège des moustiques… Parfait. Enfin, sauf le petit serpent qui tente de s’incruster sur le campement, et que l’on fini par repousser, en espérant qu’il ne revienne pas pendant la nuit.

Beau coucher de soleil, beau lever demain matin.

J89 (du mile 1280 à Belden, mile 1287, puis au mile 1293)

12 juillet

Effectivement, le lever de soleil est sympa aussi. Pas de réveil non plus, il reste 7 miles jusqu’à Belden. Et donc, aujourd’hui c’est Town Food! C’est à notre tour d’avoir la perspective d’un vrai repas. Et en plus, ce n’est que de la descente. On arrive donc assez rapidement en bas, malgré le poison oak (une des plantes qu’il vaut mieux éviter de toucher) très présent tout le long de la descente.

L’arrivée à Belden se fait par un camping, juste au bord du trail. Seulement, aux dernières nouvelles, et pour cause de COVID, ils sont en sous-effectif. Ils n’acceptent pas les colis de ravitaillement. L’endroit où l’on a envoyé notre colis est à 1,5 miles hors du trail, mais comme il fait chaud, on traine un peu avant d’y aller.

Et en arrivant, surprise, c’est fermé. Enfin, c’est aussi un camping, les portes sont ouvertes, mais personne dans la boutique, le restau et surtout pour nous donner notre colis. À priori, c’est fermé les lundis et mardis. Première nouvelle…

On profite quand même des installations pour se doucher et faire notre lessive. Je m’occupe aussi de la fuite de mon matelas. Et soudain… On nous prévient: il y a quelq’un à la boutique. Une dame, mais vite, elle repart bientôt. Aussitôt dit, on se précipite, on récupère notre colis de nourriture, et Shepherd ses nouvelles chaussures. Et le temps qu’on range notre ravitaillement, effectivement, on la voit qui repart. Sympa, elle propose de nous déposer au premier camping. On doit de toute façon y retourner. Même si on a de l’attente, au moins, c’est ouvert.

Hé bien… Non. En fait, ils ont juste ouvert la boutique, l’équipe de la cuisine semble contaminée par le COVID. Pas de vraie nourriture aujourd’hui. Je suis vraiment très déçu…

Très.

En plus, on ne peut pas repartir tout de suite. Il fait vraiment très chaud, et la remontée est très exposée au soleil. Pas vraiment une bonne idée. Donc on attend, sous le porche de la boutique. Heureusement, on y trouve quelques glaces. Et le bar est ouvert, on prend aussi une bière.

J’avais prévu de mettre mon blog à jour ici, mais le wifi est vraiment trop lent, je n’arrive pas à envoyer les photos. Donc non, je ne suis pas en retard: c’est la faute du wifi du camping de Belden. Et sans wifi, je n’ai aucun réseau.

On fini par repartir. La suite est une montée d’environ 1500m de dénivelé. Donc ça nous parait être une bonne idée d’en faire une partie ce soir et le reste demain matin. On a repéré un campement à 6 miles de Belden, ça semble jouable, même si on terminera le trajet à la lampe frontale.

Ça, en théorie, c’est un pont. Mais comme la partie principale était en bois…

Vous vous demandez peut-être comment je fais  pour suspendre ma nourriture dans une zone sans arbres? C’est simple: je ne la suspend pas, puisque c’est impossible. Donc un ours pourrait théoriquement venir visiter ma tente, pour y prendre ma nourriture. Mais j’ai développé une technique, on verra si ça marche.

Déjà, les ours n’aiment pas fréquenter les humains, et les évitent s’il le peuvent. Donc approcher une tente, dans laquelle je suis, c’est déjà un évènement, surtout dans les endroits pas trop touristiques, où les ours ne s’habituent pas à notre contact. Ensuite, mon sac de nourriture est hermétique, ce qui limite les odeurs. Et enfin, le soir, je le place entre mes deux chaussures, et je pose dessus mes chaussettes. Je pense que l’odeur qui s’en dégage devrait être suffisante pour masquer celle de la nourriture… Ouais, je sais. Mais on fait avec ce qu’on a. Si vous avez de meilleures idées, n’hésitez pas à m’en faire part.

J90 (du mile 1293 au mile 1316)

13 juillet

Ça vous surprend si je vous dis qu’on a vu des arbres brûlés, aujourd’hui? Non? Parce que ça reste un très bon résumé de la journée.

On termine la montée, tranquilement. Et on planifie la journée de demain. Changement de plan: on va aller à Chester. On a assez de nourriture pour aller jusqu’à Old Station, mais on va faire un détour, en stop. Un aller-retour dans la journée. Pour aller manger, déjà. Pour passer par la boutique de sport, on a tous les deux des petits trucs à racheter. Pour que je m’occupe de mon matelas, il fuit toujours. Et pour fêter l’étape que l’on franchira dans la matinée. Je reparlerais demain.

En quittant Belden, on est entrés dans une nouvelle zone : Lassen National Forest

On approche du campement prévu: une zone épargnée par les flammes. Ça se repère de loin, c’est vert.

J91 (du mile 1316 à Chester, mile 1331, puis au mile 1340)

14 juillet

Aujourd’hui, on se lève plus tôt: 4h. Il ne faut pas qu’on arrive trop tard à Chester. Mais avant ça, on a une borne un peu spéciale à passer: le marqueur du milieu du PCT.

On y est presque…
Et ça y est!
Mexique: 1325 miles
Canada: 1325 miles

Et c’est là que je vais montrer une certaine désapprobation. Contre vous, mes chers lecteurs. Oui. Je trouve que vous vous enflammez un peu trop.

J’ai en effet appris, de source sûre, que quelques heures seulement après que j’ai franchi ce point, des feux d’artifice ont été lancés un peu partout en France. Nan mais sérieusement, calmez-vous, ce n’est que le milieu du chemin…

Alors certes, de notre côté, on a fêté ce passage.

« Champagne » de Californie…

Mais, juste après, il y a le contrecoup de ce passage. On ne peut s’empêcher de penser que tous les efforts fournis jusqu’ici, depuis trois mois, sont à recommencer. En plus, on est dans une section qui n’est pas la plus sympa. On a quitté la Sierra, qui était superbe,et ici, c’est déjà moins impressionnant. Et tout moche quand c’est brûlé. On est toujours pas sortis de la Californie, alors qu’on doit encore passer par l’Oregon et le Washington. Et depuis quelque temps déjà, l’effet de nouveauté s’est estompé: marcher, camper, tout ça, ça devient un peu la routine, et c’est un peu moins fun qu’au début.

Tout ça pour dire que la borne du milieu, c’est une épreuve mentale, et pas la plus facile: il y a pas mal d’abandons suite à ce passage.

Mais rassurez-vous: moi, ça va. Je suis maintenant plus près de la fin que du début, et chaque pas que je fais augmente cet écart. Je suis dans la zone du début de la fin.

Et si vous vous dites: 90 jours pour faire 50%, ça veut dire 180 pour terminer: vous avez tout faux. En fait, je suis même en avance sur mon planning, de presque une semaine. Ce qui est normal, j’avais fait ce planning sur une année avec un enneigement moyen, et j’ai donc explosé ma prévision du temps de traversée de la Sierra.

Pourquoi la simple opération mathématique de doubler les 90 jours ne fonctionne pas? Tout simplement car deux éléments changent entre ces deux moitiés: moi, et le terrain.

Moi, car je ne suis plus le même qu’au début. J’ai beaucoup perdu de poids. Mes jambes se sont bien renforcées. Mon cardio aussi. Et je passe maintenant les difficultés que je rencontre avec beaucoup plus de facilités.

Le terrain, qui n’est plus le même. Le nord de la Californie, et le sud de l’Oregon notamment, sont beaucoup plus plats. Il est plus facile d’y faire de grandes distances dans une seule journée. Il y a un même un défi pour l’Oregon: le passer en deux semaines. Je ne pense pas le relever, c’est juste pour vous montrer à quel point cette zone est considérée comme plus facile.

Après le passage de la borne, on est descendus vers la route, et une voiture venait tout juste de s’arrêter, pour emmener deux autres hikers, et nous emmène tous à Chester.

On n’y trouve pas tout ce qu’on veut, mais un burger, des frites, un soda et un milk shake taille « jumbo » sont suffisants pour calmer l’appétit d’un hiker affamé. Et on profite d’avoir un peu de réseau et de l’électricité  pour planifier la suite des prochaines étapes. Je tente d’uploader des photos pour le blog, mais c’est très long… Trop.

Surtout qu’on décide repartir de suite. Du fait de ce qui nous attend: dans 15 miles se trouve une zone de 20 miles dans laquelle on ne peut pas dormir. La Bear Cannister est obligatoire pour la nuit, et on a rendu la nôtre. Il faut donc traverser cette zone d’un seul trait. Donc dormir avant la fin des 15 premiers miles. Si on en fait 10 ce soir, ça devrait le faire pour la suite..

Donc on repart, en stop. En quelques minutes, une voiture s’arrête, et nous dépose la où on était parti. Et… on ne repart pas.

En tout cas, pas tout de suite. On profite d’abord d’un super Trail Magic. Fruits, sodas, bières, barres chocolatées, de quoi confectionner des sandwichs, et des chaises de camping pour profiter de ce moment. On repart, mais bien plus tard que prévu. Et on fera 10 miles avant la tombée de la nuit.

J92 (du mile 1340 au mile 1367)

15 juillet

Aujourd’hui, on arrive vraiment dans le début de la zone volcanique. On arrive dans le Lassen National Park, la fameuse zone où la Bear Cannister est obligatoire la nuit. On commence par passer à côté de Terminal Geyser. Qui n’est pas véritablement un geyser, puisque seule de la vapeur, d’origine géothermique, en sort. Mais ça reste impressionnant.

Juste après se trouve Boiling Spring Lake. Un lac dans lequel on ne s’est pas baigné. La présence de sulfure ne nous y a pas encouragé.

On passe ensuite devant le ranch de Drakesbad, fermé. Pas étonnant quand on voit que tous les alentours sont brulés. D’habitude, les hikers y sont bien accueillis, mais pas cette année.

Le chemin qui mène au ranch de Drakesbad

Après, on enchaine avec de la forêt brûlée… Jusqu’au Lower Twin Lake. Il est au bord du trail, et très peu profond, donc il chauffe facilement. Honnêtement, c’est l’endroit de baignade avec l’eau la plus chaude jusqu’à présent.

Et enfin, il faut continuer à avancer, jusqu’à sortir de la zone où l’on ne peut dormir sans Bear Cannister. Ce qui va de paire avec une bonne nouvelle: c’est aussi la fin de la zone brûlée par le Dixie Fire. Ce soir, je dors sous des arbres verts, et c’est cool.

Les montagnes que vous voyez sont d’origine volcanique…

J93 (du mile 1367 à Old Station, mile 1377)

16 juillet

Aujourd’hui, on descend à Old Station. Petit village, au bord du PCT, avec deux campings, un restau et une station service où l’on peut ravitailler.

C’est vert! Et ça fait plaisir.

J’en profite quand même pour prendre d’abord un petit déjeuner, puis je ravitaille et je retourne au restau pour un burger avant de repartir.

Le ravitaillement est rapide, même si le choix est limité: on n’est qu’à deux jours de marche de Burney. Il suffit de ne pas être trop difficile.

Les années précédentes, il y avait un ranch, au bord du chemin, qui avait une petite boutique, très pratique pour ravitailler. C’est maintenant fermé, il faudra faire du stop pour accéder à la ville un peu plus loin.

5 commentaires sur “L’armée des widowmakers et le milieu du chemin”

  1. Oh la la comme c’est plaisant d avoir de tes nouvelles ! Tu as vraiment bien avancé , félicitations pour ton mi-parcours et toutes ces aventures. Les photos sont magnifiques comme toujours , tu racontes très bien, on s y croirait . J’espère que ton collègue va aller mieux. C’est impressionnant en tout cas .

  2. coucou tonton, j’espère que tu va bien moi et Adèle ça va, on est deux semaine chez papi et mamie en Normandie et après une semaine chez vous, un peu déçue que tu ne sois pas là.
    j’espere que tu profittes bien et fais attention à toi.

    PERRINE 🙂

  3. Après un mois de congé, c’est avec plaisir que je reprends la lecture de tes aventures.
    Tu es devenu un vrai Robinson, je ne sais pas si l’on te reconnaitra en rentrant.
    En attendant continu de profiter de bonne continuation.
    Bonjour à tous ces courageux Hikers.

  4. Cc,Emilien
    Je suis comme toi,enfin presque ! Je veux dire que du fin fond d Erquy ,je n’ ai pas toujours du réseau pour suivre et répondre …ça ne veut pas dire que je me décourage devant la durée de la traversée .
    Bon courage pour la suite ,le grand cap de la moitié est passé ! Un vrai événement sûrement
    Inutile de dire que l ancien prof de lettres que je suis apprécié toujours autant tes lignes .
    Continue à nous écrire aussi bien !
    Bon courage pour continuer .
    Bises

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