Non, c’est pas le titre du prochain James Bond.
J125
17 août (suite)
Une fois arrivé à Cascade Locks, on commence par le plus important: Shepherd et moi, on prend un milk-shake chacun. La priorité, que voulez-vous…
On retrouve une vieille dame que l’on avait croisé juste avant d’arriver, au bord du chemin. Elle était venue se poser près de la rivière, et en papotant un peu, elle connaissait quelques mots de Français. C’était grâce à sa fille, qui est présente maintenant. Celle-ci parle couramment français: elle a été mariée à un Français. Et elle a habité quelques années à Nogent-le-Rotrou. Le monde est petit, n’est-ce pas? J’y étais encore, pour le travail, quelques jours avant de partir pour les États-Unis…
Ensuite, j’ai réservé, pour une nuit, une chambre dans un hôtel du coin, et il est temps de prendre ma douche. Ce qui fait un bien fou…
Le soir, on se rend à la brasserie, il y a un groupe local qui joue de la musique. A la table d’à côté se trouve Yoshida, un des français avec qui on a traversé une petite partie de la Sierra. Il a ralenti, puisque sa compagne est venue le rejoindre pour marcher avec lui une partie de l’Oregon. C’est d’ailleurs à cause de ça qu’il était pressé: il avait un rendez-vous.
Flo, avec qui il marchait, n’est plus sur le PCT. Il n’avait pas eu le visa pour six mois, mais seulement le classique de trois mois. Il a tenté de sortir et revenir pour trois mois supplémentaire mais ça n’a pas marché. L’aventure est donc terminée pour lui.

En rentrant à l’hôtel, on passe devant le supermarché, encore ouvert, et on vérifie pour demain le ravitaillement que l’on pourra y faire. On y croise Tall Boy, le dernier français croisé sur le chemin. Et en rentrant à l’hôtel, j’entend parler français devant moi: Charles et Martin, encore deux français. Décidément…
J126 (zéro)
18 août
Petit déjeuner, et lessive. Il n’y a qu’une laverie en ville, et celles-ci n’a qu’une machine encore fonctionnelle. On tente donc de bonne heure, et ça passe: il n’y a personne pour le moment. Ça risque de changer, il va y avoir une file d’attente de hikers…
Pendant que ça tourne, on ravitaille. Pour trois jours, ça devrait être suffisant.
Ensuite… Installation au camping, et repas.
Vous vous demandez peut-être : mais pourquoi il ne repart pas? Et c’est normal, simplement, je ne vous ai pas encore parlé des PCT Days.
Alors, que je vous explique… Pour simplifier: imaginez un festival de musique. Vous enlevez les groupes de musique, vous remplacez les spectateurs par des hikers, rajoutez quelques vendeurs de matériel de rando bien connus, et hop, vous obtenez les PCT Days. L’événement est suffisamment couru pour qu’une bonne partie de ceux qui ne sont pas sur place tentent de faire du stop pour y être.
Et l’événement commence… Ça alors, c’est demain. C’est extraordinaire! Je suis choqué par une telle… coïncidence…
Quoi? J’en fais trop? Je ne suis pas crédible? Peut-être…
Tout est-il que j’ai bien fait de ne pas trop tarder à m’installer, le campement est vite bondé. Les arrivées s’enchaînent, les retrouvailles aussi. J’y croise des hikers pas vus depuis… Pfiou… Le temps passe si vite. Et tout le monde connaît tout le monde, ou presque.
Le soir, retour à la brasserie, les gérants ont prévu une fête pré-PCT Days. Un DJ et un prix réduit pour la bière, histoire d’attirer les hikers. Et ça marche du tonnerre.
J127 (zéro)
19 août

Les hikers continuent d’arriver… Je ne peux pas dire combien on est, mais c’est fou. J’ai l’impression qu’une bonne moitié de ceux que j’ai croisé sur le trail, depuis le départ, sont là. Il y a même des Trails Angels.
Je pose la question à ceux qui gèrent le camping: pour le premier soir, on approche des 300. Juste dans le camping. Tous les hôtels du coin sont évidement complets.

Bon, par contre, on ne va pas exagérer: on fait le tour aujourd’hui et on repart demain matin.