De Trout Lake à White Pass
J131 (de Trout Lake, mile 2230, au mile 2240)
23 août (suite)
À Trout Lake, je retrouve Yoshida. On discute un peu, et ça fait toujours plaisir de parler un peu en français. Il repart avant moi.
Je récupère un colis, je passe une commande: j’ai réussi à déchirer le sac hermétique qui me sert à ranger mon quilt. Et ça, c’est un élément de sécurité: en cas de pluie, le quilt prendrait l’eau, et le duvet mouillé n’isole pas du froid. A remplacer, donc, et vite: on est dans Washington, tout de même.
On repart avec la navette.
Et maintenant, interro surprise. On va voir si vous avez vraiment lu l’article précédent.
Quel est le nom de cette montagne qui se cache derrière les arbres et les nuages?


Ben alors? Besoin d’indices?
On est dans la Gifford Pinchot National Forest. Ça ne vous aide pas vraiment, hein?

Bon… Personne? J’ai beau avoir écouté, je n’ai rien entendu.

Ben alors, vous n’êtes pas réveillés? Z’avez trop fait la fête hier soir, ou quoi? Il faut vous reprendre!

Vous devriez prendre exemple, sur… moi, par exemple. Un esprit sain dans un corps… heu… attendez, c’est pas ça. Un esprit sain dans corps plein de bières, de myrtilles et de calories?
Nan, ok, mauvais exemple.

Surtout que, un esprit sain, ça reste à démontrer: vouloir parcourir, pour le plaisir, plus de 4000 km à pied, ça se pose, tout de même. Et ce n’est certainement pas le Chat d’Alice qui me contredira: « Nous sommes tous fous ici.«
J132 (du mile 2240 au mile 2266)
24 août
Comme on contourne le mont Adams, on a quelque vues sur celui-ci. Et les paysages environnants ne sont pas trop mal non plus.



On traverse aussi quelques champs de lave, preuve, s’il en était besoin, que c’est bien un volcan.


Au second petit déjeuner, on retrouve Yoshida. Il avait dormi un peu plus loin que nous, mais il était encore dans sa tente quand on l’a dépassé, sans le voir, ce matin.
On le retrouve aussi à la pause de midi, et on marchera ensuite avec lui.

On descend en altitude, et donc on retrouve de plus en plus d’arbres. Et donc de moins en moins de paysages.
On arrive dans la Goat Rocks Wilderness. Et ça, c’est cool.
Le ciel se couvre un peu, et une légère pluie commence à tomber. Mince. J’espère que le ciel sera clément demain. Pourquoi particulièrement demain? Je vous garde la surprise encore quelques instants.
J133 (du mile 2266 au mile 2291)
25 août
Il n’a pas plu cette nuit. Premier réflexe ce matin: je regarde le ciel, ça a l’air ok. Parfait.
Je suis surexcité, comme un gamin qui sait qu’on l’emmène à Disneyland.
On commence par monter, évidement. On dépasse à nouveau la ligne des arbres, et c’est superbe. La journée commence bien.

Je vous avait dit que ça redevenait montagneux, non?
J’entend siffler des marmottes, mais elles sont beaucoup plus timides que leurs cousines de la Sierra, elles se cachent.






Et on arrive enfin là où je voulais arriver, aujourd’hui. Depuis plusieurs années, j’ai, sur mon ordinateur personnel, chez moi, un fond d’écran de Knife Edge. En gros, le ‘tranchant du couteau’, pour les non-anglophones. Et aujourd’hui, j’y suis. À Knife Edge, dans la Goat Rocks Wilderness. Attention à vos yeux, fort indice de protection recommandé.


Je vais aller me promener dans mon fond d’écran. Allez, venez, je vous emmène visiter l’endroit.



Le paysage tient presque toutes ses promesses, il y a simplement le mont Rainier qui se cache un peu derrière les nuages (sur la photo du dessus, par exemple). Mais ce n’est pas ça qui va entamer mon moral.


Bon après, ce n’est pas le passage le plus facile du PCT. Entre le vent qui souffle et le chemin parfois un peu glissant ou qui s’écroule un peu par endroits, je prend mon temps.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et on fini par descendre de la crête.


Et on se retrouve, un peu plus loin, en forêt. Oui, encore.
Puis on remonte, en début de soirée. On dépasse à nouveau la limite des arbres, et on termine bien la journée…


Sauf que… À un moment, dans une montée toute simple, je trébuche sur une racine, et je tombe. Je me retrouve le nez dans la poussière, le souffle coupé par le choc. D’habitude, j’arrive à me rattraper, souvent avec l’aide de mes bâtons, mais pas là. Bon, à priori, plus de peur que de mal, mais on confirmera demain matin, quand mon corps sera à froid, si tout va bien. Par contre, je vais vraiment devoir faire une lessive, mes vêtements sont couverts de poussière. Enfin, ça tombe bien (ah ah!), on arrive demain « en ville ».


J134 (du mile 2291 à White Pass, mile 2296)
26 août



Juste 5 miles pour arriver au point de ravitaillement. On aurait pu les faire hier soir, mais on serait arrivés après la fermeture. Aucun intérêt.

Coucou
J’ai bien reconnu l image. Mais j avais pensé que tu prendrais la pose pour refaire la photo comme ton fond d’ écran ! Ça aurait été drôle de le changer par la même photo mais avec toi dessus 😉.
Tant pis. Tu auras du choix avec toutes les belles photos que tu as prises tout le long de ton parcours. Ça sent le diaporama comme nouveau fond d écran à ton retour.
Bisous
Et du coup pas de bobo ?
Je savais que c’était le Mt Adams. Il y en a qui suivent 😉