De Stevens Pass à Stehekin
J142 (Leavenworth, après Stevens Pass, mile 2465)
3 septembre (suite)
Bon, Leavenworth… Comment dire… Après des années de prospérité décroissante, la manne locale étant liée au travail de la mine, les locaux ont décidé qu’il serait bon de se tourner vers autre chose, comme le tourisme. Et pour le favoriser, ils ont transformé leur ville, pour lui donner une apparence d’inspiration bavaroise. Où, pour le moins, l’idée que les américains se font de la Bavière.





Le plus intéressant, de mon point de vue, c’est que les bavarois sont visiblement sensés avoir de bonnes bières, et qu’ils ont donc fait des efforts de ce côté. Ah, que voulez-vous, j’en reviens toujours aux bases…
Donc plutôt une bonne soirée, malgré la nouvelle du jour: la fermeture de la fin du PCT. Ça me tracasse, vraiment, et je ne m’endors pas. Je cherche un plan B. J’ai entendu parler d’un autre terminus Nord, construit une année où, justement, le feu avait menacé l’arrivée. Difficile de trouver des infos, mais de ce que je comprend, la zone est aussi fermée. Autre idée, trouvée sur internet: longer le lac Ross, plus à l’ouest. Il y a là aussi un genre de monument pour marquer la frontière. Finalement, c’est fermé aussi…
La dernière idée qu’il me reste, pour le moment, c’est d’aller aussi loin que je peux, puis aller à Seattle, passer un poste frontière régulier, et une fois au Canada, si c’est encore possible, accéder à ce foutu monument par le nord. Ça va dépendre de comment évolue l’un des feux.
Tous les plannings sont tombés à l’eau. C’est d’ailleurs pour ça qu’on reste la nuit à Leavenworth, ce qui n’était pas prévu. Le gros avantage de ce changement, évidement, c’était… la douche!
Je continue de chercher des idées, jusqu’à ce que j’entende que ça se bisoute juste à côté. Je… Quoi? Non… Heu… Bon, ben, je ne l’avais pas vu venir, celle-là…
Non, Shepherd, je ne dormais pas. Et si tu me l’avais dit, j’aurais pu dormir dans une autre chambre, gros malin. Tssss… Heureusement, j’avais mon sac à portée de main, et mes boules Quies étaient accessibles discrètement.
J143 (de Stevens Pass, mile 2465, au mile 2469)
4 septembre
Petit déjeuner morose, même si on retrouve Juke-box et Miso.
Il faut bien comprendre une chose: vous vous dites sûrement que parcourir le PCT est surtout une performance physique. Et bien… non, je ne suis pas d’accord. Et tous ceux qui l’ont fait sont du même avis que moi. La principale difficulté, c’est le mental. Le corps, lui, s’adapte. Au bout d’un moment, on devient des machines à marcher. Sans exagérer. Je dirais que la difficulté de ce trajet, c’est 80% à 90% du mental. Tout simplement parce que c’est long. Très long. Et que produire un effort continu quasiment toute la journée, presque tous les jours, pendant environ cinq mois, ça demande un peu de persévérance. Il faut tenir, jusqu’au bout.
Et là, le mental vient de prendre un gros choc. Le trajet, qui a toujours été défini par son départ et son arrivée, avec divers aventures au milieu, vient d’être amputé de sa fin. Même si ce n’est pas le principal objectif de ma rando, c’était tout de même un point important. On a l’impression d’être forcés d’abandonner avant d’en voir le bout, même si, dans le fond, ça n’est pas vraiment ça. Cela vaut-il le coup de continuer? Si oui, jusqu’à où? Dans la dernière zone, les points de sortie du trail ne sont pas légion.
Fun fact: la dernière sortie avant la fermeture du trail est à Hart’s Pass. Il y a là un campground, et c’est la dernière petite route que le PCT approche du côté États-Unis. La PCTA, l’association qui gère le PCT, recommande d’ailleurs de sortir par là. Mais d’un autre côté, cette route est actuellement fermée suite à un éboulement…
Cette fin, ça fait des mois qu’on l’imagine. On avait tous commencé à prévoir comment la fêter, surtout depuis le passage du mid-point. Moi et Shepherd, par exemple, on avait prévu de se faire livrer des couronnes et des capes et de jouer un genre de cérémonie de couronnement devant le monument. C’était un peu bête, mais ça nous faisait bien rire de nous l’imaginer. Et il fallait trouver mieux que le champagne, déjà fait. Jukebox, elle, avait terminé d’écrire un petit texte, qu’elle avait prévu d’écrire dans le log book qu’on trouve à la fin. Elle nous l’avait lu à Snoqualmie Pass, ça parlait de la façon dont elle voyait le PCT et des gens qu’elle y avait rencontré, et franchement, c’était super.
Jukebox, c’est un petit soleil. Elle rayonne. Le soleil envoie de la lumière, elle envoie de la bonne humeur. Elle a le sourire facile, et il est très communicatif. Même son trail name, dans le fond, il veut tout dire: c’est parce qu’elle chante quand elle marche. Et elle n’est pas italienne pour rien: expansive et volubile. Elle est comme ca. Enfin, non: d’habitude, elle est comme ça.
Là, elle tente de sourire, mais elle ne parvient pas à faire illusion. Ce sourire est un faux, les larmes ne sont pas loin. Tout le monde, autour de la table, le remarque. Et la voir, elle, ce concentré de bonne humeur, dans cet état, ça nous en a tous rajouté une couche. Effet redoublé car on comprend très bien. Voire même: on est dans un état assez semblable.
On a essayé de se remonter un peu le moral en jouant à des jeux débiles, mais, en réalité, personne n’est dupe.
Voilà, je pense qu’on y est: vous visualisez l’ambiance de ce petit déjeuner. Morose. La nourriture était pourtant excellente, mais ça ne sera définitivement pas le meilleur petit-déjeuner du PCT.
Étant arrivées un jour avant nous, Miso et Jukebox ont eu plus de temps pour réfléchir sur la suite. Et elles ont décidé de repartir sur le PCT dans la matinée, que c’était mieux pour elles. Nous, on hésite encore.
Shepherd et Birdy vont préférer rester une nuit de plus sur place. Moi, je sens que j’ai besoin de repartir. Pour évacuer un peu la frustration, rien de tel que l’effort physique, non? Un peu de temps seul pour réfléchir à la suite me fera aussi du bien. Et pas de réseau pendant plusieurs jours, je vais arrêter de consulter la carte des feux toutes les heures et me faire du mouron pour des choses sur lesquelles je ne peux de toute façon pas agir. Bref, que du positif pour repartir au plus vite.
Ensuite, soit je marche lentement, soit j’attend sur le trail que Shepherd et Birdy me rattrapent, soit je les retrouve à Stehekin. Et je partirais en fin d’après-midi, après le pic de chaleur. Car oui, il fait chaud. Suffisamment pour que mes deux compagnons choisissent d’aller se baigner dans la rivière locale, comme beaucoup de locaux d’ailleurs. Par contre, pas moi, pas envie. Pas d’humeur.
Après un dernier repas en ville, je récupère mes affaires et je pars. Je met un petit moment à me faire prendre en stop, mais je finis par y arriver. Une fois à Stevens Pass, je retrouve Yoshida. Lui a été malade sur la dernière étape, (ça n’était pas le norovirus), il en a bavé avec les dénivelés et son état. Il prend une nuit pour se reposer, et repartira demain, fin de journée.

Finalement, je ne retrouve le chemin qu’assez tard: 18h. Je ne vais donc pas aller loin, pas non plus envie de marcher de nuit. Je suis suffisamment tombé pour le moment.
Seulement 4 miles donc. Mais ce qui compte, c’est surtout d’être dans le bain dès le lever du soleil, demain matin. Et je suis seul, personne aux alentours.
J144 (du mile 2469 au mile 2496)
5 septembre
J’ai oublié de mettre mon réveil, mais je me lève à la bonne heure, au lever du soleil. Enfin, je devrais plutôt parler de lever du jour, puisque ce matin, le soleil est encore caché par la brume. Ça se durera pas.


Plus loin, je repère l’ennemi. Il n’est pas si loin.

Pendant ma pause de midi, je vois arriver Tiger. C’est un américain, rapidement croisé à quelques reprises récemment. Il a un problème: un mec qui l’a pris en stop lui a fait cadeau d’un cubi de trois litres de vin, et c’est lourd. Il cherche donc un compagnon de beuverie une bonne âme charitable pour l’aider à écluser son fardeau.Vous commencez à me connaître, je ne peux tout de même pas refuser d’aider un copain qui demande l’aide, quand même…
Lui, de son côté, ça a fait tilt: il s’est rappelé que j’étais français, et que donc j’allais pouvoir l’aider. Les français et le vin, qu’est-ce que vous voulez…

Et nous voilà donc installé dans l’herbe, au bord du chemin, à boire, avec nos popotes en titane en guise de verres, un vin rouge californien, plutôt sympa, d’ailleurs. On va lui mettre un grosse claque, à ce cubi. L’équivalent d’une bonne bouteille chacun. On discute, évidement du problème du feu, mais aussi de nos vies avant le PCT, et de qui nous attend après. Petit détail intéressant: il parle un petit peu français, il a vécu presque deux ans à Versailles, il y a plus de vingt ans maintenant.
Enfin, on fini par repartir.



Fin de journée, le vent commence à souffler et j’ai un peu froid. Je suis à un peu plus de 1700m d’altitude, ça doit jouer. Il est 19h, et j’hésite. Il y a un campement juste à côté, un autre à un peu plus d’une heure de marche. C’est jouable, mais j’arriverais tard, presque de nuit. C’est finalement la flemme qui l’emporte, je reste. Mais pas seulement: une rangée d’arbre abrite un peu le campement, ce n’est pas si mal. Et comme hier, il n’y a personne dans les environs.


J145 (du mile 2495 au mile 2522)
6 septembre
Hier je n’ai pas songé à regarder, mais j’ai l’impression que la température s’est un peu adoucie ce matin. Il fait 8°C.

Dans la vallée d’où je viens, je crois voir un nuage de brume. J’apprendrais plus tard que ce n’est pas de la brume, mais de la fumée, due au feu vu hier. Shepherd et Birdy, déjà bien avancés, vont finir de passer à travers, mais Yoshida, plus loin derrière, avoir droit à encore plus de fumée. Ne se sentant pas en sécurité, seule solution: faire demi-tour et retourner à Stevens Pass. Il va alors abandonner, pour lui c’est la fin de son PCT. Et le passage, pour l’instant seulement classé en « avertissement, risque de fumée », sera officiellement fermé dans quelques jours.



Ce matin, je monte et la vue se dégage bien. J’ai des paysages sympas, j’arrive dans la Glacier Peak Wilderness. Et c’est franchement bien depuis Red Pass, à une altitude de 2000m.

Ensuite, je descend dans la vallée. Je me dis que si ça continue comme ça, la journée va vraiment être superbe, mais en fait j’entre assez vite dans la forêt, et je n’ai plus qu’une visibilité limitée. Dommage.


J’ai malheureusement aussi beaucoup de blowdowns, des arbres tombés en travers du chemin, ce qui me gène parfois beaucoup dans ma progression.
J’atteins une rivière qualifiée de très dangereuse. Les avis sont de faire très attention, ne surtout pas traverser seul, tout ça… Ces américains exagèrent souvent, en fait. Ça leur donne peut-être l’impression d’avoir fait des choses extraordinaires. Donc j’ai traversé « un véritable torrent en furie, au péril de ma vie, en équilibre précaire sur un tronc instable, humide et glissant »… Ce tronc est effectivement placé à un endroit avec beaucoup de courant. Mais il ne fait que trois mètres de long, et si je ne le sentais pas, je pouvais toujours traverser 200 ou 300m plus haut ou plus bas, là où la rivière était plus large, et donc le courant beaucoup moins puissant. J’aurais simplement eu les pieds mouillés.



Nouveau petit col, Fire Creek Pass, quasi 1900m, je dépasse à nouveau la limite des arbres. Et j’apprécie.




Après le col, j’entame la descente et je me pose devant Mica Lake (1660m). C’est joli, et je n’ai pas envie de finir de descendre maintenant. Je garde donc ça pour demain, avec la remontée sur la montagne d’en face, qu’on distingue d’ici. Par contre, évidement, le lac attire du monde, on fini par être une demi-douzaine à camper ici.



Bilan du jour: environ 1900 mètres de dénivelé positif comme négatif.
J146 (du mile 2522 au mile 2553)
7 septembre
Si je veux attraper la navette de Stehekin demain, je vais devoir carburer un peu aujourd’hui Sinon, je risque de devoir attendre une nuit supplémentaire. Elle ne passe que trois fois par jour, et je ne voudrais pas louper la dernière.
Le programme est simple: une descente, une montée, une seconde descente, et une seconde montée. Ce qui va me faire 2200m de dénivelé positif et 2000m de négatif. Sur 31 miles, soit environ 50km. Une bonne petite journée, quoi…



La descente est plutôt jolie. Je retrouve évidement le couvert des arbres.

Comme d’habitude, en bas coule une assez grosse rivière, et, comme prévu, je remonte ensuite…

Je re-dépasse à nouveau la limite des arbres.



Ça vaut le coup d’œil, non? J’aime beaucoup Washington.
Évidement, après la montée, la seconde descente. Celle-ci s’avérera catastrophique au niveau du planning. Je perds un temps de fou: la quantité de blow downs est impressionnante, et je passe parfois plusieurs minutes pour faire deux ou trois mètres. Je vous met après un petit florilège, uniquement pris sur cette descente, pour vous montrer. Certains enchevêtrements me font parfois penser à des jeux vidéo de type plateforme: alors là, je monte ici, ça me permet de passer par dessus ça, et j’enchaîne en montant là…












C’est vraiment la pire descente de Washington. Heureusement, elle est suivie par la meilleure montée de tout Washington: quasiment plus de blow downs, sol souple et montée très régulière sans passage trop pentu. Même si elle est très longue. Je rattrape même du temps sur mon planning, alors que ça monte, c’est vous dire…

Vers 19h, je dépasse Miso et Jukebox, qui ont installé leur campement pour la nuit. Je les pensais beaucoup plus en avant, elles avaient quasiment une journée d’avance sur moi, et ces filles-là peuvent marcher très vite. Jukebox a récupéré son vrai sourire. Réflexion faite, moi aussi, je crois. Je vous l’ai dit, rien de tel qu’un peu d’exercice physique et un bon bol d’air pur pour retrouver ses esprits.

Mais je ne traine pas, je tiens à terminer la montée, et la nuit va tomber bientôt. J’espérais avoir une vue dégagée au sommet, mais non, je suis toujours dans les arbres. Dommage.

J147 (du mile 2553 au mile 2573)
8 septembre
20 miles pour aller attraper la navette pour Stehekin. Avant 17h, c’est tout à fait jouable, surtout que ce n’est quasiment que de la descente. Cela va surtout dépendre de l’état du trail: s’il y a beaucoup de blowdowns, ça pourrait être un peu plus compliqué.
Il fait 5°C sous la tente. Dehors, il y a un peu de givre. Il me faut du temps pour me motiver à sortir de mon duvet.

Le trail, après un ou deux miles, sort des arbres. J’adore la vue. Je suis seul, tout petit face à la montagne. Il n’y a pas de vent. Il y a du silence, que seuls les cris de quelques pikes et le son de la rivière, formée par la fonte de la glace, plus haut, viennent perturber.

Au loin, dans la vallée, un nuage de brume. Je me dis, en souriant, que non, ça ne va quand même pas être encore de la fumée, là aussi… Et l’odeur de fumée arrive. Et m…
Bon, que faire? Demi-tour? Je n’ai pas assez de nourriture pour retourner à Stevens Pass. Et puis, il y a aussi de la fumée de l’autre côté. Prendre un autre chemin, qui paraîtrait moins enfumé, ou continuer?
Quelle direction prendre? Je suis seul, et je n’ai vu personne depuis ce matin. Les consignes des pompiers américains, dans ces conditions, c’est de descendre dans la vallée. Ça tombe bien, c’était justement le chemin prévu.


Via ma balise GPS, étant donné que je n’ai aucun signal réseau sur mon téléphone, j’envoie un message pour demander à Céline de vérifier la carte des feux actifs. Aucune envie d’aller au devant des problèmes: je ne sais pas où se situe ce feu, et s’il est devant et que je dois faire demi-tour, autant le savoir le plus rapidement possible.
Tout va bien, le feu se situe à une vingtaine de km à l’ouest, et mon chemin va vers le nord. Je n’ai qu’à me soucier de la fumée. Merci ma chérie.


Je continue. Ce n’est pas que l’air est devenu difficilement respirable, mais je le sens: je me fatigue plus rapidement. Seul avantage de la situation: la fumée obscurcit le soleil, et j’ai de jolies couleurs, comme un lever de soleil en continu.
Comme je descend, je retrouve rapidement le couverts des arbres.


Je ne vois absolument personne de la matinée. Ce n’est que pendant ma pause de midi qu’une randonneuse me dépasse. Un être humain! Ouf. Je commençais presque à me dire que tout le monde était au courant pour cet incendie et avait évacué, sauf moi.
Je ne suis pas trop pressé, je prend mon temps. Je pense que ça aide: j’ai moins besoin de respirer profondément, même si je passe au final plus de temps dans la fumée.


Quelques minutes avant d’arriver au trailhead, je suis rattrapé par Jukebox, puis par Miso.
On arrive au trailhead à l’heure, la navette pour Stehekin va arriver.


Alors, Stehekin… C’est un village, mais il n’existe aucune route qui ne mène à cet endroit. Pour dire les choses plus clairement: les seuls moyens d’y accéder sont les pieds, l’hydravion ou surtout le ferry, puisque c’est au bord d’un grand, et très long, lac, nommé Lake Chelan.
Une route principale, qui dessert les bâtiments du coin: la boutique, les deux restaurants, la poste, l’école et la boulangerie.
Il n’y a pas de restaurant ouvert, l’un faute de personnel, l’autre est sur réservation et est évidement complet. Tout le reste est fermé, il est tard, vous comprenez: il est 17h30… J’ai juste eu le temps d’acheter quelques bricoles dans la toute petite la boutique, qui a fermé juste après.

Soirée déprimante, que l’on passe en mangeant des chips et des marshmallows. Les nouvelles sont encore moins bonnes que prévues. Des hikers avec qui on est en contact sont juste devant nous, ils sont du genre tenaces et têtus, mais font demi-tour avant Hart Pass: l’air est irrespirable, il tombe des cendres et la visibilité est très limitée. On verra comment ça évolue demain mais il ne me reste peut-être que 20 miles à parcourir avant de devoir m’arrêter. Une dernière journée.

Du fait du nuage de fumée, la nuit tombe très vite. On plante nos tentes dans le petit camping local, et au lit.
Courage Emilien et garde le moral
Je comprends votre déception à tous , ne pas fêter la fin du PCT comme prévu c est un sentiment d inachevé
Salut l’Ami inconnu. Je suis avec toi de tout cœur. Garde le moral J’ai hâte de te connaître car je veux le faire aussi. Take care.