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Zéro à Kennedy Meadow

Où je récupère ma boîte à ours

J46 (suite)

30 mai

Quand j’ai dit que je croisais des têtes connues, j’ai aussi eu la bonne surprise de croiser Martin, le Tchèque, avec qui j’avais sympathisé chez Scout et Frodo, et qui était parti devant après Lake Morena (la premier étape). Je ne pensais plus le revoir. Il marche en fait maintenant dans le groupe d’Elfi, que j’ai croisé hier.

Je le pensais loin devant, avec Bryan. Lui est une véritable fusée, il a quasiment 12 jours d’avance sur moi. Quand il a dépassé d’autres hikers qui se surnomaient l’équipe fast, ils lui ont donné pour trail name Furious…

Vous avez aussi sûrement remarqué, je parle de plus en plus de groupes. C’est normal. D’une part, les gens sympathisent et marchent ensemble, mais on arrive aussi dans la Sierra. Et ne pas marcher seul est fortement recommandé, à cause du véritable danger local.

Non, pas les ours… La fonte des neiges.

Oui, c’est dangereux, la fonte des neiges. La neige fond, l’eau descend de la montagne, et forme de véritables torrents. Qu’il nous faudra parfois traverser. Et à plusieurs, c’est moins risqué.

Alors oui, OK, il y a aussi beaucoup d’ours dans cette zone. J’ai d’ailleurs récupéré ma bear cannister, la fameuse boîte à ours.

Ma bear cannister, remplie. Elle seule pèse près d’un kilo. Elle peut aussi servir de tabouret…

Le principe est simple. On ne veut pas que les ours viennent chercher la nourriture que les hikers gardent dans leur tente, la nuit. Donc on met toute cette nourriture dans une boîte, que les ours ne peuvent pas ouvrir, et durant la nuit, on met cette boîte à distance de la tente. Même si un ours arrive, attiré par l’odeur (pour info, les ours ont un odorat plus sensible que les chiens…), la nourriture est sauve et le hiker continue sa nuit tranquilement. L’usage des bear cannisters est de tout façon obligatoire dans la zone que je vais traverser.

J’ai aussi récupéré mes crampons et mon piolet. J’hésite à emmener ce dernier. À priori, d’après les nouvelles, il ne serait pas vraiment nécessaire. Et le porter pour rien… Pas vraiment envie non plus. Le renvoyer en France? Ça va me coûter presque plus cher que le prix du piolet… Du coup, soit je le laisse, soit je le porte quand même… Je n’ai pas encore décidé.

Du coup, entre le repas de midi, récupérer les colis, la douche, la lessive… On est déjà le soir.

Soirée pizza-bières. Et on se couche tard. Presque à 22h.

…

22h, pour un hiker, c’est tard. On se lève tous les jours entre 4h et 6h, et on a besoin de récupérer de nos journées quelque peu épuisantes.

J47

31 mai

Lever avec le soleil, comme d’habitude. Mais on traine au lit. Le restaurant n’est de toute façon pas encore ouvert.

Puis, burrito breakfast. Oeufs, pommes de terres, saucisses, fromage, soit un petit déjeuner classique ici, le tout dans une tortilla. Enfin, quand je dis fromage… Pas de quoi exciter les papilles du français moyen. Du fromage américain, quoi…

Burrito breakfast

C’est suffisamment copieux pour que je ne fasse que grignoter le midi…

Je passe ma matinée à tenter de rajouter des photos sur le dernier article du blog, avant de le publier. J’ai cru comprendre que vous aimiez bien les photos, donc j’insiste, malgré la connection très capricieuse.

On prend des décisions pour la suite du trajet. Déjà, on part demain. On va grimper sur le mont Whitney. Et on sortira à Kearsarge Pass pour ravitailler. Soit, en théorie, 6 jours.

On va tenter d’aller ravitailler à Bishop. En stop, donc. Y aller, ça devrait aller. En revenir, ça pourrait être plus compliqué.

Puis on reviendra, toujours par Kearsarge Pass, pour 6 jours supplémentaires, jusqu’à Vermillion Valley Resort.

L’après midi, on joue donc à faire rentrer 6 jours de nourriture dans une boîte qui, visiblement, ne veut en contenir que 4. Mais avec un peu d’astuce (re-packaging), en tentant de bien ordonner les différents éléments… et en forçant comme des bourrins, ça passe.

On déménage ensuite nos tentes, on profite de la navette pour retourner au General Store, beaucoup plus près du trail, où l’on s’installe. On est prêts pour repartir demain.

Aloha ne partira pas avec nous, mais comme il ne fera pas le mont Whitney (il l’a déjà fait avec son fils, il y a 4 ans), il va peut-être nous rattrapper…

Donc malheureusement, je ne donnerais probablement pas de nouvelles avant la semaine prochaine. La zone est sauvage. Très sauvage. Aucune route. Même pas une dirt road. Alors vous pensez, du réseau…

5 commentaires sur “Zéro à Kennedy Meadow”

  1. C’est toujours aussi passionnant de lire ton blog ! Bon courage pour la suite de ton voyage ! Prudence dans cette zone sauvage et a bientôt

  2. Bonne continuation encore une fois ,Emilien .

    Prends bien soin de toi et continue de marcher avec tes compagnons ,ça nous rassure .
    On sera patients,on attendra la suite .

    Bonne route .

  3. Ouah ! Le mont Whitney ! Tu montes au sommet ? (plus de 4000 m quand même !!!). En tous cas, tu vas vraiment attaquer la montagne avec sûrement de sublimes paysages à la clé !
    Ce qui me permet de faire un petit point santé : comment va ton genou ? Pas d’autre bobo en vue ?

    On pense bien à toi. PROFITE PROFITE PROFITE !!!
    Bises

  4. Coucou,

    C’est tjrs avec plaisir de te lire :))
    là il va falloir attendre ….. mouais mais bon c est pour la bonne cause 🙂
    Tes récits sont tellement prenant et passionnant j ADORE
    Fière de mon collègue vraiment ! A très bientot avec ton ami de trail (c’est vrai c est rassurant de te savoir avec lui)….
    Euh au fait tes « chèvres » elles sont bizarres non ? pas d’oreilles ? de cornes ? LOL ……
    Allezzzz bonne route à bientôt . Bisous

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