De Old Station à Shasta
J93 (de Old Station, mile 1377, au mile 1393)
16 juillet (suite)
Déjà, avant de repartir, on va prendre une glace. Il faut aussi dire qu’il fait maintenant 35°C, à l’ombre. Et une glace, dans ces conditions, ça paraît être une excellente idée.
Et c’est pour la même raison que j’insiste, dès la sortie d’Old Station, pour sortir du PCT et aller voir une curiosité, juste à côté: Subway Cave. C’est un ancien tunnel de lave. Et il y fait frais, c’est donc un plaisir à visiter.



Évidement, cette visite ne dure pas éternellement, et on doit en ressortir. On retourne à la chaleur.
Et comme d’habitude, quand on sort d’une ville, on commence par monter. On se dirige vers la crête.


A la fin de la montée, on trouve le Trail Angel Cafe. C’est un trail Angel, qui s’est installé la pour la saison. Le café est là tous les jours. Il y a de l’eau et, en fonction des donations qu’il reçoit, ou pas, on y trouve aussi des boissons fraiches, voir des snacks.


Bon, à priori, il n’a pas reçu tellement de donation récemment. Mais rien qu’avoir de l’eau, c’est un plaisir: le prochain point d’eau est à 13 miles de son installation, et la dernière montée, en plein soleil, a étrangement eu tendance à faire diminuer mon stock.
On traine un peu, puisqu’on est à l’ombre. Puis on repart, avec pour objectif justement le point d’eau à 13 miles. C’est une citerne, mise à disposition des randonneurs par un habitant local, et remplie régulièrement par ses soins. Merci à lui.
On terminera le trajet de nuit. L’avantage, c’est qu’il fait plus frais. Et on a un beau coucher de soleil.

J94 (du mile 1393 à Burney, mile 1411)
17 juillet
Bon, mauvaise nouvelle: avec le retour de la chaleur, et la poussière, je retrouve un problème que je n’avais pas eu depuis la Californie du sud: les ampoules font leur réapparition. Et c’est pas cool.

Shepherd, de son côté, va bien. La fièvre a disparu, il se sent maintenant en forme.
On planifie de partir un peu plus tôt, juste avant le lever du soleil. Donc réveil à 4h30.


L’avantage, c’est qu’aujourd’hui, on descend. Et on a la motivation d’arriver en ville.



On accède à la route, et on fait du stop, direction Burney. On est pris en quelques minutes.

On sera logés à l’église locale. Pas dans l’église elle-même, mais dans le gymnase que l’église possède, juste derrière. Gratuitement, mais donations acceptées.

Le programme: manger, douche, milk-shake, ravitailler, manger, lessive, grignoter, dodo. Et le plan se déroule sans accroc.
J95 (de Burney, mile 1411, au mile 1421)
18 juillet
Pour le petit déjeuner, on va au Blackberry Patch, un restau bien noté, et recommandé pour le petit déjeuner. On y retrouve Tumble et surtout Bird Bath, une fille que l’on avait pas croisée depuis la Californie du Sud. Sa réaction quand elle me voit: Viking? C’est toi? Il faut que tu manges plus, je ne t’avais pas reconnu…
On discute de notre heure de retour sur le trail. Shepherd est pour y retourner tout de suite, et moi je verrais bien plutôt demain, histoire de reposer mes pieds. On tranche au milieu: on partira en fin d’après-midi, après le pic de chaleur.
Je retourne au restaurant de ce matin, qui m’avait bien plu, pour le déjeuner. Puis je profite de l’après-midi pour faire une sieste. Le repos, c’est le repos.
Ensuite, je prends mes affaires, et on sort, avec Lost Boy, un autre Autrichien. Bon sang, il fait encore chaud… Et la météo à prévu du 34°C, à l’ombre, toute la semaine. Youpi…
On arrive à peine au bord de la route qu’un cabriolet décapotable s’arrête à notre hauteur: « Vous retournez sur le trail? Je vous emmène. Par contre, je peux en prendre que deux à la fois. »
On laisse Lost Boy partir devant, et le conducteur promet de revenir nous chercher ensuite. On lui précise quand même que s’il ne nous voit plus à son retour, c’est qu’on aura eu un autre autostop.
En face, un marchand de fruits et légumes, sur le bord de la route. On se regarde, moi et Shepherd, et on va voir ce qu’il vend. Les fruits, c’est un truc qui nous manque clairement, sur le trail.
On prend une pêche chacun, ça complètera notre repas de ce soir, et au moins on ne la portera pas longtemps. Le client juste après nous nous regarde, nous demande si on est des PCT hikers et à notre réponse affirmative, propose à son tour de nous déposer. Merci!

Une fois de retour, on fera un petit détour pour aller voir Burney falls. C’est juste à côté…

On traverse ensuite un barrage, en travaux. Et on s’installe, juste après l’avoir passé, pour la nuit.

J96 (du mile 1421 au mile 1447)
19 juillet
On a planifié le réveil à 4h30. Mais on a du mal à se lever, l’un comme l’autre. Et comme on n’entend pas l’autre s’activer, on sait que c’est partagé. Au final, on ne se lève qu’à 5h. Le problème, c’est que plus on attend, plus il va faire chaud.


Je pars devant après le second petit-déjeuner. On a fixé le lieu pour le repas de midi, on se retrouvera là bas.
Comme prévu, on se retrouve pour midi. Mais Shepherd a un grand sourire: il a vu Nounours! Mince, pour une fois que c’est moi qui suis devant…


Plus tard, il se fait piquer par une guêpe, à l’oreille. Elles sont très présentes, surtout au niveau des points d’eau, à tel point qu’il vaux mieux s’y déplacer doucement, pour ne pas être embêté.

J97 (du mile 1447 au mile 1473)
20 juillet
Nuit pas terrible: mon matelas recommence à se dégonfler, malgré ma dernière réparation. Et j’entend encore une souris dans mon sac à dos. Pourtant, il n’y a rien pour elle dedans, cette fois j’en suis sûr. J’imagine qu’elle doit juste être en train de vérifier, au cas où…
Ce matin, on a encore une belle vue sur le mont Shasta. Et une fois de retour dans la forêt, je vois plein d’écureuils. Je les repère au bruit qu’ils font, au sol comme dans les arbres.





On prend vite l’habitude, en entendant un bruits de feuilles ou de branches, de chercher du regard le lézard ou l’écureuil qui l’a produit. Et c’est comme ça, en cherchant du regard un écureuil, que j’en repère un gros. Vraiment très gros. C’est Nounours!
Il est assez gros, de couleur… je dirais caramel clair, mais plutôt loin. Je pense qu’il ne m’a pas vu, mais il se déplace vers ma droite, et disparaît rapidement derrière des broussailles. Et non j’ai pas de photos: il était trop loin et c’était trop bref pour que j’ai le temps de jouer les paparazzis.
C’est plutôt contre-intuitif: en principe, c’est plutôt celui qui est en tête qui a le plus de chances de voir des bestioles, mais visiblement, ça ne marche pas comme ça pour les ours, puisque moi et Shepherd venons de voir un ours chacun en deux jours, mais en étant derrière…
L’après midi, je reprend la tête, je marche devant Shepherd. J’entend de gros craquements de branches, je tourne la tête… Non, mais tu te fiches de moi, Nounours! Ça fait trois mois que je ne te vois pas, et là, deux fois dans la journée? Celui-là est de la même couleur, mais plus petit. Et il m’a vu, avant que je ne le repère: tout ce que je vois de lui, c’est son derrière lorsqu’il s’enfuit.
Pas de photos non plus, désolé. Pas eu le temps.
Avec tout ça, je me dis que j’ai quand même terminé ma collec’: j’ai vu des serpents à sonnette, un puma et deux ours, soit les trois animaux emblématiques des régions traversées par le PCT. L’un des objectifs secondaires de mon trajet est maintenant atteint, c’est parfait. Le prochain va être: sortir de la Californie.

Campement auprès d’un ruisseau ce soir, la zone est bien défendue par le général moustique, mais on est maintenant habitués. DEET, doudoune, etc…
J98 (du mile 1473 au mile 1496)
21 juillet
Encore une journée chaude. Et en plus, aujourd’hui, on monte… Dénivelé positif: 1800m, plus 1300 de négatif.


Heureusement, la pente est douce. Et la plus grande partie de la journée se fera en forêt, donc avec de l’ombre. Ce qui est bien agréable, il faut l’admettre.
A un moment, derrière des buissons, un vacarme ininterrompu de feuilles et de branches, que quelque chose fait bouger. Première pensée: c’est encore Nounours?
Non. C’est un groupe d’écureuils qui jouent ensemble. Une petite dizaine, qui courent les un derrière les autres, grimpent, sautent… C’est mignon.



On s’arrête un peu plus tôt. Le but est d’arriver demain à l’arrêt de bus pour 8h, il reste 5 miles à faire. Parfait. En plus, plus on avance, plus les campements risquent d’être plein de hikers qui visent le même bus. Le choix est plutôt limité, il n’en passe que trois dans la journée, ce qui concentre les hikers sur les mêmes horaires.
J99 (du mile 1496 à Shasta, mile 1501)
22 juillet
Réveil à l’heure habituelle. Sauf que là, on est prêts en 35 minutes. L’appel de la nourriture, j’imagine…
Les 5 miles restants sont vite avalés. Je fais la remarque à Shepherd: si on a de la chance, on aura peut-être un trail magic…

Et je vous présente Marc. Il habite à côté. En arrivant au bord de la route, il passe en voiture, nous regarde, et s’arrête.

Merci, Marc!
On repart pour être à l’heure pour le bus. Il faut aussi dire que faire du stop au bord de l’autoroute est interdit, et qu’ici, des patrouilleurs passent à priori régulièrement pour vérifier et sévir, le cas échéant. On évitera, donc.
Devant l’arrêt de bus, on est une dizaine maintenant. Une camionette s’arrête. Un mec en descend, pose une petite table et commence à découper une pastèque. On le regarde, il rit, et dit: oui, c’est pour vous, les gars. Venez vous servir!
On ne reste pas longtemps, le bus arrive, mais merci pour la pastèque!
Coucou tonton, j’espère que tu va pas te faire piquer par une guêpe .
Tu as de beaux paysages ,marche bien .
Perrine 😉