Jour 1

Et c’est reparti, direction le PCT.
Descente de l’avion à Seattle, on saute dans un bus pour Mt Vernon, où l’on passera la nuit, mais surtout où l’on ravitaille. Ce qui prend un peu de temps, il faut bien que Céline n’oublie rien et elle n’est pas encore rodée à ce genre d’exercice. Je reste sur du classique, calorique et léger: ramens, purée, paquets de riz Knorr, semoule… Plus deux déshydratés chacun. Et des barres. Simplement, par rapport à la dernière fois, j’ai clairement divisé les doses par deux. Mon estomac, comme celui de Céline, n’est clairement pas prêt à ingérer les mêmes quantités que je prenais à la fin de mon périple il y a deux ans.
Puis, le lendemain, on prend un autre bus, direction Concrete. On est dans la bonne direction, mais aucun bus ne va plus loin. Que voulez-vous, aller se perdre au fond des bois, ce n’est pas si facile… Il ne reste donc plus qu’a faire du stop, jusqu’à destination. Jusqu’à Rainy Pass.

On va commencer cette fin de PCT par une partie que j’ai déjà parcourue. Mais ensuite…
C’est Dave qui nous déposera à bon port. Retraité, il rentre chez lui, dans le Montana, après avoir passé quelques jours chez son fils à Seattle. Merci, Dave.

Et quand on arrive à Rainy Passe… Trail magic!

Ouais, avant même de commencer à marcher. Si ça c’est pas de la chance! Bieres, sodas, grilled cheese, sandwichs et pizzas. Merci!
Enfin, on ne s’éternise pas, on est là pour marcher, j’avoue être impatient de reprendre. Et le programme est chargé: on entame par 650m de dénivelé, sur 5 miles, pour atteindre Cuttroath Pass, histoire de bien mettre Céline dans le bain. Ah ben ouais, va falloir s’habituer au PCT, et rien de tel pour faire les présentations qu’une bonne petite montée, vous ne pensez pas?
Sans surprise, Céline est lente. En tout cas, plus que moi. Mais c’est normal, elle n’est pas habituée. J’hésite à la surnommer « Turtle ». Elle me dit que pour moi, « Shepherd » collerait mieux que « Viking ». C’est vrai que je suis toujours devant et je l’attends. Ouais, effectivement, ça me rappelle vaguement quelque chose…
Enfin, on arrive quand même en haut. Et Cutthroat Pass est superbe. Bien plus que la dernière fois, alors que tout était enfumé: on a un beau temps bien ensoleillé. Seul le vent, un peu frais, nous incite à préférer un endroit abrité pour la pause bien méritée au sommet du col. Je prends quelques photos. Décidément, ce paysage me rappelle bien des souvenirs…



Puis on entame une petite descente. Céline commence à râler, la montée et le décalage horaire l’ont fatiguée. J’avais repéré sur ma carte un campement à 10 miles, mais ça paraissait un peu loin. Mais surtout, c’est sur un col, et le vent souffle… Mieux vaut trouver un coin bien à l’abri, ça sera beaucoup plus confortable pour dormir. Il y a un plan B et un plan C, plus proches. Le premier campement dans la zone visée, semble vraiment top. Beaucoup d’arbres autour, on sera bien abrités du vent. On a marché 7,7 miles.

Montage de la nouvelle tente, même modèle que précédemment, mais en version 2 places. Et comme prévu, elle prend vraiment beaucoup de place au sol, mais qu’est-ce qu’elle est confortable. Suffisamment de place pour nous deux et toutes nos affaires.

La nuit tombe rapidement, du fait que le soleil descend derrière une montagne, et le froid arrive vite. On est à 1900m d’altitude et ça se ressent.
Encore une erreur de débutant: au lieu de se reposer, Céline passe sa nuit à faire un duel avec une souris, qui semble intéressée par nos affaires, alors que moi je dors comme un loir. Céline finit par rapatrier ses chaussures dans la tente, j’imagine que ça devait sentir le fromage, d’où l’intérêt de la souris qui, bien sympa, n’a finalement touché à rien.
Jour 2
On met plus d’une heure et demie pour se préparer. Ah, ces débutants en rando, qu’est-ce qu’ils peuvent être longs…
J’ai fait un petit calcul, si on veut être dans les temps pour la suite du planning, il nous faudra faire au moins 13 miles par jour. Et bien sûr, si on avance plus vite, on gagne du temps pour la suite…
Programme de la journée: Matin petite montée puis grosse descente, et grosse montée l’après-midi. Jusqu’à Grasshopper Pass, si on arrive jusque là.

Celine est contente: premier cathole, et elle a bien visé le trou. Ça l’a mise de bonne humeur. Et si vous voulez plus d’informations sur le sujet, je vous invite à la contacter directement pour plus de détails…
Une fois arrivé en bas, il est déjà midi, on s’installe au bord d’une rivière, et on mange avec d’autres hikers: deux allemands et un américain.
On repartira avant eux, mais évidemment on sera vite rattrapés et doublés.
Céline se rend compte de la vitesse de marche et de la distance que l’on parcourait a l’époque. Et d’après elle, on était des monstres. En tout cas, aujourd’hui, on est nettement plus lents.


On s’arrête au milieu de la montée finale du programme du jour, il y a un campement et Céline est trop fatiguée. Et il faut être honnête, 750m de denivelé positif pour terminer la journée, ça pique un peu. Il est 17h, on finira demain, le prochain campement est trop loin. On a tout de même fait nos 13 miles, le contrat est rempli
Par contre, on a passé la journée à tenter d’avoir du réseau, pour appeller Nathan dont c’est l’anniversaire. Mais non, rien à faire, impossible d’appeler…
Jour 3
Bien meilleure nuit de sommeil pour Céline. Et bien meilleur temps pour se préparer à partir. C’est peut-être lié…
Programme du jour: terminer la montée d’hier, et ensuite c’est du presque plat jusqu’à Hart’s Pass, à 9 miles. Et ensuite… J’avancerais en territoire inconnu.
La montée se passe bien, et la vue est dégagée. Et on voit un gros nuage avancer. Il contraste bien avec le temps superbe que l’on avait eu jusque là. Puis on voit un arc-en-ciel. Céline joue les optimistes, mais le nuage vient bien vers nous… Et comme je le voyais venir, la pluie entre la partie. Petite pluie, fine, par intermittence, mais ça durera toute la matinée. Dommage, on avait eu un si beau temps jusque là.



Céline trouve un rythme de marche, on avance plutôt bien. On profitera d’une accalmie pour se poser et manger peu avant Hart’s Pass.

Et enfin, on arrive. Hart’s Pass. L’endroit où j’ai « terminé », si l’on peut dire mon PCT.Je signe à nouveau le registre, le dernier que j’avais signé…



Pour rappel, il y a deux ans, on avait dormi dans la montée de Cuttroath Pass (pendant le jour 1 ici), et on avait mangé le soir à Hart’s Pass (ou l’on est maintenant, jour 3). Et on avait planifié de descendre jusqu’au village le plus proche, Mazama, à 19 miles, histoire de terminer sur un beau kilométrage, quitte à finir de nuit. Il est clair qu’on est un peu plus lents, maintenant.
Petit bilan sur cette première partie:
Les sensations et les émotions sont toujours là.
Le PCT est toujours magnifique.
Et la magie est toujours là…
Et le plaisir de te lire est toujours là aussi…
❤️
Bravo pour tous ces kilomètres parcourus ensemble!
Sinon, le récit et les photos restent toujours aussi attractifs.
Profitez-en les amoureux !
Bises
Allez Céline ! 💪🏼
Super de partager ces moments ensemble. 👍🏼
T’a l’air tellement heureux, je suis contente pour vous 2 🙂