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Le grand départ

De Campo à Lake Morena

J1 (du mile 0 au mile 20) :

15 avril

Petit déjeuner à 5h30, en extérieur, et donc en silence, pour ne pas réveiller les voisins.

Les sacs doivent être prêts, devant la maison, à 5h50. Départ à 6h. Mais bizarrement, tout le monde a le sourire. On a visiblement tous le même état d’esprit: tout ça devient de plus en plus réel.

Le volontaire qui nous emmène, moi et 3 autres randonneurs, nous pose plein de questions et nous donne quelques conseils de dernière minute. Lui n’a pas tenté le PCT, mais son fils l’a complété.

Et enfin, on arrive au point de départ. La borne du terminus sud. L’excitation de tous est visible. Photo rituelle de chacun des participants.

Pour ceux qui se posent la question : oui, derrière, c’est le fameux « mur de Trump ». M’enfin, d’après les locaux, ça n’empêche pas les gens de passer.

On signe le registre. On va trouver ses semblables tout le long du trajet. Cela permet, en cas de problème, de vérifier par où et quand chacun est passé.

Je laisse partir les plus pressés, j’attends quelques minutes…

Et je pars.

Le premier panneau indicateur du PCT

Et on réalise. Ça y est. C’est maintenant. On est dedans. Je rattrape Katariina, qui s’était arrêtée pour prendre des photos et des vidéos. Visiblement, elle compte tenir un vlog (blog vidéo, pour les non initiés). En voyant nos sourires respectifs, on se marre.

Et c’est juste au moment où on commence à redescendre un peu, après 20 min, qu’on croise ceci.

Ça y est. On a fait 1 mile. Plus que 2659. On y est presque… Non?

Tiens, vous voyez bien, qu’on se rapproche.

Plus sérieusement, le problème du jour, ça va être la chaleur. Il est prévu 23°C. À l’ombre, et bien évidemment, quand on marche, ce n’est quasiment jamais à l’ombre.

Je vais faire le choix de marcher jusqu’à Lake Morena. C’est recommandé par la PCTA, l’association qui gère le PCT, pour éviter tout problème avec d’éventuels randonneurs nocturnes mexicains. C’est aussi important de se décider rapidement : il y a une rivière, pas encore tarie, au mile 4,4. Et ensuite, plus d’eau jusqu’à Lake Morena, au mile 20. Si on compte s’arrêter, il faut emmener plus d’eau, pour les repas du soir et du matin. Et donc avoir un sac plus lourd. Un litre d’eau, un kilo.

Je fais le choix de partir avec 4 litres pour l’étape, de prendre mon temps, faire beaucoup de pauses, mais d’aller jusqu’au bout, quitte à arriver tard. Enfin, pas trop tard, la boutique qui peut vous préparer des burgers et des burritos ferme à 20h. C’est mon objectif du jour.

Ho, j’en vois qui ont un sourire. J’aurais pu m’en passer, c’est ça? Autre information pour vous alors: étant donné mon poids et le celui de mon sac, j’estime que je vais brûler entre 4500 et 5500 calories par jour, pendant environ 5 mois. Je ne vais jamais pouvoir compenser avec ce que j’emmène dans mon sac, et il va être important de ne pas perdre trop de poids trop vite, si je veux aller jusqu’au bout.

Donc je marche tranquillement, j’arrive facilement au mile 4,4. Je bois un maximum d’eau, et je complète avec l’eau de la rivière. Pas de panique, j’ai mon filtre, et du micropur pour les cas extrêmes. Au moins, l’eau que je bois ne pèse pas sur mes épaules.

J’avance bien, je fais de petites pauses dès que je trouve des points d’ombre.

« Chi-ki-chi-ki-chi »

OH PU… … rée… Nan, parce que, il y a peut être des enfants qui vont lire. Les miens, pour commencer. J’ai donc dit « purée ». Si si. Et j’ai fait un grand bond en arrière.

Premier jour, premier serpent à sonnette. A environ 1,5m, sur un rocher au bord du chemin. Il m’a sacrément fait peur. Bon, ça va, il n’est pas sur le chemin, et en prenant large, on peux passer à 2,5m, trop loin pour une attaque. Ma présence ne lui plaît pas, il agite furieusement sa sonette et se dresse, prêt à frapper, quand je passe.

Dans l’heure qui suit, environ 30 fausses alertes, simplement des lézards qui prennent la fuite à mon arrivée. Je fais nettement plus attention à ce qui m’entoure. J’ai aussi croisé un horned lizard, mais je n’ai pas réussi à en prendre une photo correcte. Il était trop timide. Je suppose que j’aurai d’autres occasions.

Vers 16h, j’arrive à Hauser Creek, mile 15. Une rivière asséchée, mais surtout de l’espace pour poser des tentes, ce qui est tentant. La fatigue commence à se faire sentir, et la suite du sentier est… difficile. 5 miles, dont 4 de montée, pour arriver à Lake Morena. Je repère un petit groupe de randonneurs, dont certaines têtes déjà connues, à l’ombre, ils hésitent.

La montée après Hauser Creek, vue d’en face. Le sentier passe à droite du sommet rocheux.

De l’ombre. Donc une pause. A priori, je suis le seul à avoir vu un serpent à sonnette. Dois-je donc me considérer comme chanceux? Je m’occupe de mes pieds. Je sens que certains endroits commencent à chauffer, il faut donc s’en occuper avant d’avoir des ampoules.

Et j’attaque la montée. C’est long et, évidemment, en plein soleil. Il y a très peu d’endroits à l’ombre. Aux 3/4 de la montée, Elfi et Maya ont trouvé un emplacement plat et m’invitent à rester, il reste une place. Ça devient vraiment très tentant, au vu de mon état de fatigue. Mais bon, mon stock d’eau est trop juste pour passer la nuit, et j’ai un burger qui m’attend. Je repars.

Le soleil commence à descendre. La température aussi. Tant mieux. Et même si je prend trop de temps, ce soir c’est pleine lune, je pourrais donc marcher de nuit sans problème. Je prends mon temps.

Il semblerait que j’approche de la destination

Arrivée à destination à 19h30, complètement à plat. J’y retrouvé Martin, Bryan et Ben. Le camping local est un bon plan: pour 5$, on peut rester et surtout profiter des douches…

Mais ça attendra un peu.

La récompense.

4 commentaires sur “Le grand départ”

  1. Bravo,Emilien pour cette première journée ! Et bravo pour les belles photos .
    A Saint Nazaire il fait très chaud aussi mais rien a voir vu ce dont nous disposons pour passer la soirée .je ne t envoie pas de gros bisous mais une grosse giclée d eau fraîche !
    A très vite pour tes aventures
    Michèle

  2. J’avoue il fait peur le serpent il est l’air trop bon le steak frites je t’envie trop malheureusement on mangera jamais ça avec maman
    Reviens vite s’il te plaît

  3. Le lien de la vidéo youtube est plus dispo, tu te souviens ce que tu avais mis ?
    Yes je me fais ton blog en mode bingwatch ;D
    Serpent à sonnette dès le 1er jour, chaud quand même !

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